LA REVOLUTION FRANÇAISE

Moment privilégié de l'Histoire de France et de l'Histoire universelle, 1789 balaye en quelques mois des siècles d'Ancien Régime politique, économique et social.

1789 a une portée universelle car l'Histoire de la Révolution marque l'Histoire du monde entier en y déposant toute une série de symboles (le bonnet phrygien, le drapeau), d'images (la prise de la Bastille, la guillotine), de personnages (Robespierre, Danton), et de valeurs (liberté, égalité, fraternité, droits de l'Homme).

En 1789, personne ne soupçonnait pourtant que la réunion des Etats Généraux allait libérer des forces jusqu'alors restées occultes dans la France du XVIIIšs.

 

I. DE LA REVOLUTION DES JURISTES A LA REVOLUTION SOCIALE

A/ La Révolution politique

De mai à juillet 1789, Les Etats Généraux et les mouvements populaires jettent bas l'Ancien Régime politique.

1) Le conflit entre le roi et l'assemblée

5 mai 1789, lors de l'ouverture des Etats Généraux, le Tiers Etat est très déçu car ni le discours du roi, ni celui de Necker font allusion aux réformes ou à la Constitution reclamées par les cahiers de doléances.

De plus s'engage aussitôt une querelle de procédure sur le vote :

- Par ordre ? (2 voix de privilégiés contre une du Tiers)

- Par tête ? (Le Tiers Etats a autant de députés que noblesse et clergé réunis)

Chaque ordre reçoit une salle particulière pour délibérer, alors que le Tiers Etat réclame des délibérations en commun.

Après un mois d'attente et de tension, le Tiers Etat passe à l'action.

Le 17 juin 1789, le Tiers Etat sous la présidence de Bailly considère représenter 96% de la Nation et sur proposition de Siéyès, se proclame Assemblée Nationale.

Le 19 juin, le Clergé, à une faible majorité, rejoint le Tiers Etat.

L'Assemblée Nationale décide rédiger une Constitution.

2) Le Serment du Jeu de Paume, la fin de l'Ancien Régime politique

Le 20 juin, le roi fait fermer la salle où les députés doivent siéger. Ils se rassemblent alors dans la Salle du Jeu de Paume où Bailly fait prêter serment à tous les députés de ne se séparer que lorsque la Constitution du Royaume sera établie.

Le 22 juin, 148 députés du bas-Clergé et deux de la noblesse rejoignent le Tiers Etat.

Le 23 le roi fait réunir les trois ordres et leur fait savoir qu'il consent :

- à garantir les libertés individuelles

- à garantir la liberté de presse

- que les Etats Généraux qui votent l'impôt.

mais il refuse de reconnaître :

- la souveraineté nationale.

Il demande enfin aux députés d'évacuer la salle (Fameux refus de Bailly et de Mirabeau).

Le 27 juin 1789, le roi cède et demande à Necker d'inviter le Clergé et la Noblesse à rejoindre le Tiers Etat. La Révolution juridique est réalisée. L'autorité du roi est désormais sous le contrôle des représentants de la Nation.

Le 9 juillet 1789, l'Assemblée Nationale se proclame Assemblée Constituante.

3) L'intervention populaire : le 14 juillet 1789

Le roi appelle en secret 20 000 hommes de troupes à Versailles.

A Paris, le pain se fait rare et cher, les chômeurs se multiplient, la colère gronde. L'Assemblée est menacée de dissolution, les députés d'arrestation.

Le 11 juillet 1789, le roi renvoie Necker. La bourgeoisie s'inquiète de l'ampleur des troubles et crée une milice bourgeoise de 200 citoyens (la future Garde Nationale) pour maintenir l'ordre et pour empêcher les troupes d'entrée dans la ville. Création d'un comité permanent l'Hotel de ville (future municipalité).

Le 14 juillet 1789, la foule pille l'Hôtel des Invalides, s'arme et s'empare de la Bastille symbole de l'autorité et de l'arbitaire royal.

Le roi capitule.

Le 15 juillet, le roi ordonne le retrait des troupes.

Le 16, il rappelle Necker

Le 17, il est reçu à Paris par le nouveau maire Bailly. Le roi reconnait la municipalité de Paris, la Garde Nationale commandée par Lafayette et la cocarde tricolore.

La Révolution Parisienne est légitimée ce qui entraine une première vague d'émigration.

A l'image de Paris, toutes les villes du royaume se donnent une municipalité et une garde nationale. Intendants, les militaires sont déposés de leur pouvoir. Les autorités légales disparaissent. C'est la Révolution Municipale.

La Révolution Juridique et municipale se double d'une Révolution Sociale menée par la paysannerie.

B/ La Révolution sociale

1) La Grande Peur

Du fait de mauvaises récoltes, de la misère excessive, qu'aucune revendication n'a été satisfaite, les paysans se révoltent durant l'été 1789 refusant de payer la dîme et les droits seigneuriaux.

A la suite des événements de Paris, des bruits courent que des gens à la solde des aristocrates vont s'abattre sur les campagnes. La Grande Peur se transforme en Révolution paysanne. Les paysans s'arment et attaquent les châteaux entrainant des pillages, des incendies et des massacres.

Cette vague révolutionnaire inquiète les bourgeois qui sont eux aussi propriétaires.

2) La Nuit du 4 aôut 1789

Pour apaiser les campagnes, dans la nuit du 4 aôut 1789, les députés abolissent les privilèges. L'ordre social ancien est détruit et la société d'ordres est abolie. Le principe de l'égalité des citoyens est proclamé.

Mais l'anthousiasme cède vite la place à la déception car seules les servitudes personnelles sont abolies alors que les droits pesant sur la terre sont rachetables.

3) La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen

L'Ancien Régime politique et social aboli, il faut bâtir des institutions et organiser la société sur de nouveaux principes.

En attendant la rédaction de la constitution, les députés décident de donner au peuple les nouveaux principes qui vont guider la reconstruction du pays. Ainsi, le 26 aôut 1789 est votée la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui proclame les droits des hommes, la souveraineté nationale, la liberté individuelle et l'égalité devant la loi.

C/ Un nouveau régime politique

1) Les journées d'octobre

Refusant la Révolution sociale, le roi fait venir à Versailles le régiment des Flandres.

A Paris, la situation est tendue. La capitale souffre du mauvais ravitaillement (récoltes tardives du fait de la Grande Peur), et du chômage (émigration). Le peuple accuse les aristocrates, appuyé en cela par les journaux ("L'Ami du Peuple" de Marat, "La France Libre" de C. Desmoulins).

Le bruit court qu'à Versailles la cocarde a été foulée au pied lors d'un banquet.

La Journée du 5 octobre

Les femmes de la Halle décident de se rendre à Versailles pour ramener la roi à Paris, ce qui assurerait le pain dans la capitale. Elles sont accompagnées par les gardes nationaux conduits par Lafayette.

La journée du 6 octobre

Le palais est envahi. Le roi signe les décrets et s'installe avec sa famille au Palais des Tuileries alors que l'Assemblée prend place dans la Salle du Manège près du Palais. Désormais, le roi et l'Assemblée sont sous la surveillance du peuple de Paris. Ces événements entrainent une nouvelle vague d'émigration.

2) La nouvelle vie politique

De l'automne 1789 au printempss 1791, le pouvoir est complètement désorganisé. Pourtant durant cette période, il n'y a pas de journées révolutionnaires, cela s'explique par le fait que le ravitaillement de Paris se fait bien.

Alors que les députés sont occupés à la préparation de la nouvelle constitution, les ministres n'ont plus d'autorité. Les intendants, les Parlements disparaissent et les impôts ne rentrent plus. L'armée n'a plus de cadres du fait de l'émigration.

A l'assemblée, il y a 31 comités aux attributions propres. Il n'y a pas de partis politiques mais des tendances autour de grands orateurs. Les majorités sont donc éphémères. La droite est constituée par les "Aristocartes" ; quant à la gauche, elle se divise en deux grandes tendances (Les "Constitutionnels" autour de Siéyès, Lafayette, Barnave et les "Démocrates" autour de Pétion, Robespierre).

L'effervescence politique est entretenue par les journaux :

- "Les Actes des Apôtres" de Rivarol défend l'Ancien Régime.

- "Le Patriote Français" de Brissot(modéré)

- "La Révolution de France et de Brabant" de Desmoulins

- "L'Ami du Peuple" de Marat

- "Le Père Duchesne" d'Hebert défendent la Révolution

et les clubs :

- Le Club des Jacobins constitué de gens aisés (Robespierre). Il a une forte influence sur les journaux.

- Le Club des Cordeliers constitué de petits bourgeois, d'artisans et d'ouvriers (Danton, Marat, Desmoulins). Son rôle fut essentiel dans les "journées" révolutionnaires.

Le 14 septembre 1791, la constituion est promulguée.

3) La Constitution de 1791

Elle affirme la souveraineté de la Nation mais son application est limitée.

Elle établit une monarchie constitutionnelle avec séparation des pouvoirs. La souveraineté de la Nation s'exerce par l'intermédiaire de représentants élus. L'égalité des citoyens déclarée dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen n'est pas appliquée car le suffrage n'est pas universel mais censitaire. Les citoyens qui ne paient pas une contribution de 3 jours de travail sont exclus du vote. Ils constituent l'ensemble des citoyens passifs qui représentent la majorité des français.

Les citoyens actifs d'au moins 25 ans nomment des électeurs parmi les citoyens qui paient 10 jours de travail. Pour être éligible, il faut payer une contribution plus forte ou être propriétaire foncier.

L'Assemblée Législative possède le pouvoir législatif. Elle est constituée de 745 membres élus pour deux ans. Indépendante du roi, il ne peut la dissoudre, elle vote les lois et contrôle l'exécutif (droit de demander des comptes aux ministres).

Le pouvoir exécutif est confié au roi qui est irresponsable et inviolable. Il a le droit de nommer et de révoquer les 6 ministres qui contresignent les décisions royales. Il possède un droit de véto suspensif d'une durée de 2 législatures (4 ans) sur toutes les décisions prises par l'assemblée.

D/ La France nouvelle

1) La réorganisation administrative et judiciaire

L'administration locale est simplifiée et décentralisée. 83 départements sont créés, ils sont divisés en districts, cantons et communes. Ces dernières s'administrent elles-mêmes par des conseils municipaux élus.

Départements et communes qui ont leur force armée et leur garde nationale s'unissent en un vaste mouvement fédératif qui, le 14 juillet 1790, envoie 14 000 délégués à Paris où est célébrée la Fête de la Fédération, symbole de l'unité nationale, durant laquelle ils prêtent serment civique à la Nation, à la loi et au Roi.

La justice est simplifiée et offre des garanties au citoyen. Elle devient gratuite. Son indépendance est garantie par l'élection des juges et la mise en place de l'institution des jurys. Le code pénal organise la justice criminelle. La torture est abolie. Les tribunaux de cantons traitent les affaires mineures, les tribunaux départementaux les affaires criminelles et une cour d'appel est mise en place dans chaque département.

2) Libéralisme religieux et économique

La discrimination religieuse est abolie. Désormais, protestants et juifs ont les mêmes droits que les catholiques.

La libre concurrence est établie. Les douanes et péages intérieurs sont abolis. Le 14 juin 1791, la Loi Le Chapelier abolit les corporations et interdit le droit d'association aux ouvriers.

L'abolition du système féodal et la vente des biens nationaux ne profite qu'aux paysans riches et à la bourgeoisie ce qui entrainent le déception des masses.

3) La réorganisation financière

La crise financière s'aggrave : paiement des dettes, maintien du clergé qui ne perçoit plus la dîme. Pour éviter la banqueroute, le 2 novembre 1789, l'évêque d'Autun, Talleyrand, propose la vente des biens du clergé (les biens nationnaux).

Dés le mois de décembre 1789, l'Etat émet des billets (assignats) gagés sur les biens du clergé. Mais ces billets se dévaluent très vite, la vie devient de plus en plus chère, et la crise économique et sociale menace.

Les impôts indirects sont abolis. Les anciens impôts sont remplacés par 3 nouveaux impôts : la contribution foncière (sur la propriété), la contribution mobilière (proportionnelle au loyer) et la patente (sur les commerces, les artisans et les professions libérales). Mais les impôts rentrent mal car le désordre est général.

4) La réorganisation religieuse

Le 12 juillet 1790 est votée la Constitution Civile du Clergé.

Chaque département représente un diocèse avec à sa tête un évêque. Les départements sont réunnis en 10 métropoles. Les districts sont confiés aux curés. Evêques et curés sont désormais élus, au niveau du département pour les uns, au niveau des districts pour les autres et sont salariés. Les évêques sont désormais investis dans leur fonction par le métropolitain et non plus par le Pape.

A partir du 27 novembre 1790, évêques et curés doivent prêter serment à la Nation, au Roi et à la Loi. C'est le triomphe du gallicanisme (de l'idée d'une certaine église nationale française). La Constitution Civile du Clergé est condamnée, en avril 1791, par le Pape Pie VI ce qui plonge la France dans le schisme. Désormais, en effet, l'Eglise française est coupée en deux camps qui s'opposent : les prêtres constitutionnels ou jureurs (7 évêques et la moitié des curés) et les prêtres réfractaires fidèles au Pape et qui renforcennt la contre-Révolution.

 

II. L'ECHEC DE LA MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE

A/ La Fuite du roi (juin 1791)

1) L'équipée de Varennes

Bouleversé par l'attitude du pape, Louis XVI décide de fuir Paris pour aller rejoindre dans la région de Metz, le marquis de Bouillé, un aristocrate resté fidèle à sa cause.

Le 20 juin 1791, le roi et sa famille quitte secrètement Paris. Reconnus à Sainte Menehould par le fils du maître de poste Drouet, ils sont arrêtés à Varennes par les patriotes. Ramenés à Paris, c'est dans unn silence absolu qu'ils sont accueillis. En efffet, l'Assemblée avait fait placarder sur les murs l'avis suivant : "Quiconque applauddira le roi sera bâtonné, quiconque l'insultera sera pendu" (la différence des peines montre que le sentiment monarchique l'emporte encore à l'Assemblée). La fuite du roi discrédite la monarchie et renforce le camp adverse.

2) Les conséquences de la fuite du roi

A Paris, dans les journaux, les clubs et chez les "sans-culottes" explosent les sentiments républicains. Des pétitions sont signées demandant l'abolition de la monarchie. A l'Assemblée, la bourgeoisie s'alarme des mouvements populaires qui pourraient mettre en péril l'oeuvre de la constitution, l'équilibre politique et social et risquer de porter atteinte à la propriété. Si la république est proclamée, la guerre avec less souverains étrangers est inévitable.

Feignant de croire que le roi avait été enlevé par des comploteurs, la majorité des députés décide de rendre au roi les pouvoirs qui lui avait été retirés après sa fuite. Mais le club des CCordeliers exxige la déchéance du roi. Le 17 juillet, une pétition demandant la république est déposée au Champs de Mars sur l'autel de la Patrie. Une foule énorme accourt pour la signer. Bailly donne alors l'ordre à Lafayette de disperser la foule. Des coups de feu éclatent (3o morts, et de nombreuses arrestations). L'Ami du Peuple et d'autres journaux sont interdits. Le club des Cordeliers est fermé.

B/ Le conflit de l'Assemblée Législative et du Roi

(octobre 1791 - avril 1792)

1) Les difficultés de l'Assemblée

L'Assemblée Constituante a interdit à ses membres de se présenter aux élections pour l'assemblée Législative. Les députés de la Législative sont donc des hommes nouveaux élus au suffrage censitaire. Comme leurs prédécesseurs, ce sont surtout des bourgeois. Ils se partagent en trois groupes :

- A droite : Les Feuillants ou monarchistes constitutionnels prêts à défendre la Constitution de 1791. Ils sont 264.

- Au centre : 345 constitutionnels qui votent tantôt à droite, tantôt à gauche. Ils n'ont pas d'opinion marquée.

- A gauche : 136 jacobins ou Brissotins (du nom de leur chef), aujourd'hui plus connnus sous le nom de Girondins (leurs meilleurs orateurs étannt du département de la Gironde). Liés à la bourgeoisie d'affaire, disciples des philosophes, ils se trouvennt au Club des Jacobins.

Cette assemblée, outre la crise économique, le problème des émigrés et le schisme religieux, doit affronter une grave crise sociale. Les assignats ne cessent de se déprécier. Le pain, le sucre deviennent rares. Les sans-culottes s'agitennt et réclament la fixation d'un prix maximum des marchandises alors que les députés sont partisanss de liberté économique et refusent toute taxation.

En province, les conflits de tous ordres se multiplient. En Avignon, les patriotes sont massacrés par les aristocartes. En Vendée et en Normandie les partisans des prêtres jureurs et des prêtres réfractaires en viennent aux mains. Des jacqueries éclatent dans le Midi et en Auvergne où les convois de blé et les marchandises sonnt pillés. Le désordre s'installe partout.

2) L'assemblée et la résistance du roi

L'Assemblée mène alors une politique de rigueur. Trois décrets sont votés :

- Le 1er exige le retour du Comte de Provence, frère du roi.

- le 2nd exige que tous les émigrés rentrent en France.

- Le 3ème menace les prêtres réfractaires qui refusent de prêter le serment civique à la Constitution de 1791.

Le roi oppose son véto au 2nd et au 3ème décret. L'action de l'Assemblée est donc paralysée.

Or sur les conseils de la reine, le roi décide de pratiquer "la politique du pire" en soutenant à l'Assemblée non pas les modérés mais les extrémistes pensant ainsi discréditer le régime par les excés qu'ils commettront inévitablement. Bailly démissionne donc de la mairie de Paris et est remplacé par le Jacobin, Pétion et non par son concurrent Feuillant Lafayette. Ainsi, Marie-Antoinette est persuadée que les français voudront le rétablissement de l'Ancien Régime.

Face à une situation politique de plus en plus confuse, presque tout le monde souhaite la guerre.

3) La guerre, solution aux problèmes politiques

Louis XVI est persuadé qu'elle lui permettra de rétablir son pouvoir politique.

Les Feuillants pensent qu'une victoire donnerait du prestige au roi et renforcerait la monarchie constitutionnelle.

Les Girondins pensent que la guerre démasquerait le roi et qu'une victoire des armées révolutionnaires libèrerait le peuple de la tyrannie.

Quelques voix s'élèvent contre la guerre : Robespierre qui craint une dictature militaire ; les ministres Feuillants qui craignent la défaite car l'armée n'est pas bien préparée.

C'est la question des émigrés qui sert de prétexte à la déclaration de guerre. Les émigrés se sont rassemblés danss une armée ssous le commandement du Prince de Condé dans l'électorat de Trèves. L'Assemblée Législative somme l'Electeur de Trèves de la disperser. L'Empereur Léopold II lui conseille de s'incliner. Mais son fils François II se montre prêt à se battre après la mort de son père. Le 20 avril 1792, sur proposition du roi, l'Assemblée Législative déclare la guerre à François II, roi de Prusse, de Bohême et de Hongrie.

"Les imbéciles, ils ne voient pas que c'est nous servir" écrit la reine à Fersen.

C/ Les défaites et la chute de la monarchie

(avril - septembre 1792)

1) Les défaites et l'agravation des tensions

Contrairement aux espoirs du Ministres des Affaires Etrangères, Dumouriez, la Prusse s'allie à l'Autriche. L'armée française mal préparée, mal encadrée, mal équiopée est au bord du désastre.

Paris s'agite. Robespierre accuse les généraux. Marat accuse les souverains d'entretenir des relations avec l'ennemi.

Devant les défaites, l'Assemblée Législative prend trois décrets :

- Déportations des prêtres réfractaires

- Licenciement de la garde du roi

- Constitution d'un camp de 20 000 Fédérés pour protéger Paris (pour surveiller le roi).

Le roi oppose son véto au premier et au dernier.

Le 20 juin 1792, le peuple de Paris organise unne journée pour obliger le roi à lever son véto. La foule envahit le Palais de Tuileries et défile devant le roi qui coiffe le bonnnet phrygien et boit à la santé de la Nation. Mais il refuse de retirer son véto.

Le 11 juillet 1792, l'Assemblée décrète "la Patrie en danger" qui entraine un énorme élan national. De très nombreux volontaires s'engagent et malgré le véto du roi, l'Assemblée convoque les Fédérés à Paris.

2) La fin de la monarchie

Le 25 juillet 1792, le duc de Brunswick, chef des armées prusiennes lance un manifeste inspiré par Marie-Antoinette et les émigrés avertissant de la destruction de Paris s'il est fait "le moindre outrage" à la famille royale.

Connu à Paris, le 1er aôut 1792, le Manifeste de Brunswick persuade les révolutionnaires parisiens de la complicité du roi avec l'étranger. Toutes les circonscriptions électorales de Paris (les sectionns parisiennes), sauf une, et de nombreuses pétitions venues de province demandent la déchéannce du roi. Les Fédérés sont montés contre le roi par les clubs et les sans-culottes.

Dans la nuit du 9 au 10 aôut 1792, les sections parisiennes organisent une "commune insurectionnelle" qui place à la tête des gardes nationaux, un sans-culotte, Santerre.

Les Fédérés, la Garde Nationale, les sectionnaires attaque les Tuileries. Le roi et sa famille se réfugie à l'Assemblée mais sous la pression populaire. Celle-ci suspennd le roi. La famille royale est emprisonnée au Temple. Lafayette quitte la France. Les partisans de la monarchie constitutionnelle quitte la scène politique.

Le régime de 1791 s'effondre et l'Assemblée décide l'élection au suffrage universel d'une nouvelle assemblée constituante, la Convention qui devra rédiger une nouvelle contitution.

En attendant, le pouvoir est confié à 6 ministres dont les jacobins Roland à l'intérieur et Danton à la justice, Les citoyens passifs sont admis dans la Garde Nationale.

En attendant que la nouvelle assemblée se mette en place, la Législative représente le seul pouvoir légal mais elle se heurte à la Commune Insurrectionnelle fortement influencée par Robespierre qui compte faire respecter la volonté du peuple et qui inspire en grande partie la politique des derniers mois de la Législative.

3) La première Terreur et les massacres de septembre

On appelle première Terreur, les mesures prises en septembre 1792 contre les ennemis du régime sous la pressionn de la Commune Insurrectionnelle. L'Eglise est particulièrement frappée : l'Etat Civil est laïcisé, le divorce est institué, les couvents fermés, les prêtres réfractaires déportés. Des visites domiciliaires sont organisées pour découvrir des armes cachées. Un "Comité de Surveillance" est créé pour rechercher les suspects qui sont ensuite jugés par un "tribunal criminel extraordinaire" formés de juges élus par les sections parisiennes.

Des mesures démocratiques sont prises : suffrage universel, vente des biens nationaux par petits lots, autorisation du partage des communaux, abolition sans indemnité des droits féodaux soumis au rachat, réquisition des grains par département...

Face aux échecs militaires (Verdun est prise par Brunswick le 2 septembre), Danton s'efforce de galvaniser l'ardeur révolutionnaire en s'écriant : "De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace et la France sera sauvée ! ".

Le bruit court qu'un complot contre la Révolution se trame dans les prisons où sont enfermés les suspects. Du 2 au 5 septembre 1792 des bandes pénètrent dans les prisons et massacrent les suspects (surtout les prêtres réfractaires). Même chose en province. Les autorités et Danton laissent faire.

Le 20 septembre 1792, date à laquelle la Législative discréditée se sépare, les armées révolutionnaires remportent leur première victoire à Valmy. La route de la capitale est barrée auxx ennemis et la Révolution s'en trouve consolider.

 

III. L'EXPERIENCE REPUBLICAINE (1792-1799)

A/ La Convention Girondine (sept. 1792 - 2 juin 1793)

1) La nouvelle assemblée

Le 2 septembre 1792, la nouvelle assemblée est élue au suffrage universel. Mais seuls les partisans du nouveau régime ont voté. L'abstention a été très forte surtout chez les paysans très indifférents à ce qui se passe à Paris. Les monarchistes eux aussi se sont abstenus par crainte.

La Convention se compose donc de 749 députés, tous républicains. Un tiers d'entre eux ont déjà siégé dans les asssemblées précédentes et ont donc la pratique des affaires publiques. La Convention est orientée plus à gauche que la Législative :

- A droite, les Girondins (Brissot, Pétion, Buzot, Condorcet, Roland, Vergniaud, Isnard...). Ils constituaient la gauche de la Législative. Ils apparaissent après l'élimination des Feuillants comme des révolutionnaires modérés et se méfient des excès du peuple de Paris et surtout de la Commune Insurrectionnelle (après le 10 aôut et les massacres de septembre).

- Au centre, la Plaine ou le Marais, 400 députés opportunistes votant tantôt à droite, tantôt à gauche.

- A gauche, les Montagnards qui à l'Assemblée occupent les bancs les plus hauts (Danton, Robespierre, Marat, Desmoulins...). Ils ont bénéficié des suffrages parisiens. Pour le triomphe de la Révolution, ils sont prêts à admettre des mesures exceptionnelles comme la limitation de la liberté individuelle et de la propriété si les circonstances le demandent.

Le 21 septembre 1792, la Convention abolit la royauté. C'est l'An I de la République. Mais fin 1792, une question domine l'actualité : "Faut-il juger le roi ?"

2) Le procès du roi et ses conséquences

Les Montagnards considèrent que le salut public exige la mort.

Les Girondins veulent éviter l'irréparable.

En novembre 1792, Une armoire de fer est découverte au Palais des Tuileries contenant des papiers qui établissent la preuve formelle d'une correspondance entre Louis XVI et les souverains étrangers depuis 1789. Les procès est donc inévitable.

Jugé par la Convention et condamné à mort à une faible majorité, le roi est exécuté le 21 janvier 1793, le sursis proposé par les Girondins ayant été rejeté.

L'exécution du roi dresse contre le Convention tous les adversaires de la Révolution. Les souverains étrangers la considèrent comme un défi, surtout que la Convention se lance dans une guerre de conquête (conquête de la Belgique lors de la bataille de Jemmapes le 6 novembre 1792). En février 1793, une première coalition se forme contre la France. Le général Dumouriez perd la Belgique et passe à l'ennemi.

Toutes les frontières sont menacées. La Convention décide alors une levée en masse de 300 000 hommes ce qui entraine le soulèvement des vendéens déjà mécontents de la persécution conntre les prêtres réfractaires et de l'exécution du roi. La guerre civile se développe rapidement opposant les "blancs" (paysans et nobles royalistes) et les "Bleus" (républicains bourgeois des villes).

3) La crise du printemps 1793 et la chute des Girondins

Pour financer la guerre, la Convention émet de nouveaux assignats qui se dévaluent très vite. L'inflation, le chômage, le mauvais ravitaillement des villes entrainent la colère du peuple.

A Paris, les sans-culottes réclament la réquisition, la taxation des denrées et des mesures contre les accapareurs.

Les Girondins refusent le dirigisme économique et tentent calmer l'agitation population par dess mesures politiques : création du Tribunal Révolution ou Comité de Salut Public.

Après la trahison de Dumouriez, Robespierre accuse les Girondins de complicité. Les girondins font alors arrêter Marat qui est aussitôt acquitté et porté en triomphe par la foule. Ils font alors nommer une commission d'enquête sur les actes de la commune insurrectionnelle dont plusieurs membres sont arrêtés.

Le Girondin Isnard menace Paris de destruction ce qui entraîne de nouvelles émeutiers.

Le 31 mai 1793, le sans-culotte Hanriot est nommé commandant de la Garde Nationale et les sans-culottes obtiennent la suppression des la commission d'enquête.

Le 2 juin 1792, Hanriot menace de ses canons la Convention et oblige celle-ci à décréter l'arrestation de 29 députés Girondins. Les autres sont exclus pour avoir protesté contre le coup de force.

C'est la fin de la Convention Girondine.

B/ La Convention Montagnarde (2 juin 1793-14 juil.1794)

Les Montagnards instituent un gouvernement révolutionnaire qui pratique la violence.

1) Une situation dramatique

La victoire de la Montagne s'accompagne d'une aggravation de la situation. Une soixantaine de départements se révoltent contre Paris.

Au péril extérieur et intérieur s'ajoutent l'agitation populaire des sans-culottes. On y trouve des indigents comme des bourgeois, mais artisans et boutiquiers dominent. Ils sont entrainés par des extrémistes (Hébert). Plus que la liberté, ils veulent l'égalité : enlever aux riches pour donner aux pauvres, redistribuer les terres. Leur programme est avant tout social. Pour les sans-culottes, le gouvernement doit diriger l'économie et taxer les denrées. Leur politique se résume à obtenir des députés le vote des mesures qu'ils exigent. En cas de refus, ils estiment avoir le droit de se débarasser d'eux par l'insurrection. Les montagnards sont donc obligés de mettre en place un gouvernement énergique capable de faire respecter ses décisions.

2) Le Gouvernement Révolutionnaire

En juin 1793, est élaborée la Constitution de l'An I de la République. Le pouvoir est confié à une assemblée élue au suffrage universel et à un Conseil élu. Elle prévoit une nette décentralisation.

Mais la Convention la déclare inapplicable en raison de la guerre et décrète que "le gouvernement sera révolutionnaire jusqu'à la paix".

Le pouvoir réel passe aux mains de 21 comités qui préparent le travail. Le vote de la Convention qui théoriquement à le pouvoir légal n'est qu'une simple formalité.

En fait deux comités exercent l'essentiel du pouvoir : le Comité de Salut Public et le Comité de la Sûreté Générale.

Le Comité de Salut Public est composé de 9 à 12 membres constamment reconduits.

- Robespierre, Couthon, Saint-Just : Affaires politiques

- Billaud-Varenne, Collot d'Herbois : Correspondances avec les départements

- Carnot : Opérations militaires

- Lindet : Approvisionnement de l'armée

- Prieur de la Marne, Prieur de la Côte d'Or : Fabrication de guerre

- Barère : Diplomatie

Ces hommes sont les maîtres de la France. Ils sont entourés de ministres qui ne sont que de simples exécutants.

Le Comité de Sûreté Générale recherche et poursuit les supects (le peintre David en fait partie)

Le Gouvernement Révolutionnaire veille à l'application de ses décisions en province. Chaque commune se dote d'un "Comité de Surveillance". A partir de décembre 1793, des Agents Nationaux veillent à l'application des lois et exercent la police.

Le Comité de Salut Public envoie des représentants en mission en province et dans l'armée pour le maintien du moral républicain et rétablir l'ordre (fusillades de Lyon perpétrées par Fouché et Collot d'Herbois ou noyades à Nantes par Carrier)

3) La Terreur

C'est un ensemble de mesures prises par le Gouvernement Révolutionnaire pour imposer à tous son autorité et briser les résistances.

La Terreur politique

"On ne chasse pas les traitres, on les extermine". (Robespierre)

17 septembre 1793 : Loi sur les suspects qui frappe tous ceux qui peuvent nuire à la Révolution. En trois mois, plus de 5 000 arrestations ont lieu à Paris.

Marie-Antoinette, des Girodins, Bailly, Barnave, Charlotte Corday qui avait assassiné Marat le 13 juillet 1793, Mme Roland, ddes bourgeois, des petites gens ssont guillotinés.

En Province, on estime que la Terreur Politique fit 1667 victimes.

La Terreur économique et sociale

En septembre 1793, le maximum des prix est voté pour le blé et les farines. Au printemps 94, la taxation est étendue à tous les produits de première nécessité. Mais cette mesure s'accompagne d'un blocage des salaires qui suscite la colère des sans-culottes.

La Convention décide que les biens nationaux seront divisés en petites parcelles pour permettre aux paysans modestes de les acquérir, mais en fait elles sont vendues aux enchères ce qui favorise une nouvelle fois les paysans aisés.

La Terreur religieuse

Elle touche surtout l'église catholique.

Avec l'adoption du calendrier révolutionnaire, les fêtes religieuses sont supprimées, un grand nombre d'églises sont fermées, et les autorités invitent les prêtres à se marier.

Une nouvelle religion, le Culte à l'Etre Suprême remplace le Christianisme.

Cette politique voulue par les extrémistes athées n'est pas approuvée par tous les montagnards. Danton et Robespierre réussissent à faire voter par la Convention un décret favorable à la liberté de culte.

La Terreur aux armées

Carnot réorganise l'armée. Les anciens généraux sont peu nombreux. Après les premières défaites, soit ils ont été destitués, soit ils ont été guillotinés.

Le Comité de Salut Public exige obéïssance absolue des généraux.

Carnot prescrit l'offensive à outrance sans se soucier des pertes.

La Terreur donne de bons résultats. En quelques semaines les révoltes sont matées, le mouvement fédéraliste réprimé, les vendéens écrasés, Toulon est reprise aux anglais après un siège où se distingue le capitaine Bonaparte.

4) La division des montagnards

Unis pour vaincre, les montagnards se divisent dès que le danger contre-révolutionnaire s'éloigne.

Les extrémistes autour de Hébert (les Enragés) poussent la Convention à prendre des mesures ultra-révolutionnaires comme la déchristianisation ou la guerre à outrance.

Des modérés, les "Indulgents" (Danton, Desmoulins) acccusent les "Enragés" de ruiner la Révolution par leurs excès et servir ainsi l'étranger. Le danger étant écarté, les Indulgents estiment qu'il faut mettre un terme à la Terreur.

Les Montagnards craignant d'être débordés par les mouvements populaires décident de rompre avec les Enragés qui sont arrêtés comme agents de l'étranger, puis jugés et condamnés à mort. Ils sont exécutés le 24 mars 1794. L'Armée Révolutionnaire de Paris est supprimée et la Commune Insurrectionnelle renouvelée.

Mais Robespierre ne veut pas pour autant un relâchement de la Terreur. Il s'en prend donc aux Indulgents qu'il accuse de complot. Danton et ses amis sont condamnés et exécutés le 5 avril 1794.

Privé de ses principaux chefs et de ses organisations populaires, Paris ne bouge pas.

5) La dictature du Comité de Salut Public

Au printemps 1794, Robespierre est tout puissant. Tout part de lui et tout aboutit à lui.

Les ministères sont remplacés par des commissions exécutives.

La Terreur est renforcée par la loi du 22 Prairial An II (10 juin 1794) qui simplifie la procédure (plus de témoins, plus de défenseurs, le verdict est réduit à l'acquittement ou la mort). En un mois, la "Grande Terreur" fait plus de victimes que d'octobre 1793 à mai 1794 (Lavoisier, Chénier).

Sur proposition de Robespierre, la Convention institue une religion républicaine qui doit exalter les vertus civiques. Elle reconnait l'existance de l'Etre Suprême et l'immortalité de l'âme. Le 8 juin 1794, Robespierre, à l'apogée de son pouvoir, préside au Champ de Mars, la Fête de l'Etre Suprême.

Mais le mécontentement gronde.

Les français sont las et inquiets de la poursuite de la Terreur. Personnne n'est à l'abri d'une dénonciation. Le ravitaillement se fait de nouveau mal, les prix augmentent, les assignats se dévaluent et le blocage des salaires renforce la pauvreté. Les anciens amis de Danton et d'Hébert qui n'ont pas été exécutés, ne se sont pas ralliés à Robespierre.

Des représentants en mission sont rappelés pour rendre compte des excès commis. Ils craignent pour leur vie.

En juin 1794, après la victoire de Fleurus sur les troupes prussiennes et autrichiennes, les membres de Comité de Salut Public sont en désaccord sur la politique à mener. Carnot veut continuer la guerre et mettre un terme à la Terreur, alors que Robespierre veut la paix et poursuivre la Terreur.

Excédé par les discussions entre Carnot et Saint-Just au sein de Comité de Salut Public, Robespierre comet l'erreur de ne plus asssister aux réunions à partir du 25 juin.

Le 26 juillet 1794, Robespierre revient et prononce un discours très violents en menaçant de dénoncer des coupables. Dans la nuit, ceux qui craignent d'être les coupables montent un complot.

Le 27 juillet (9 thermidor), Robespierre, Saint-Just et leurs amis ne peuvent s'exprimer à la Convention qui décrète leur arrestation sous l'accusation de dictature. La Commune Insurrectionnelle tente de se soulever et conduit Robespierre à l'Hôtel de Ville. Mais la plupart des sections parisiennes se rallient à la Convention.

Le 28 juillet (10 Thermidor), l'armée commandée par Barras s'empare de l'Hôtel de Ville. Robespierre a la mâchoire fracassée d'un coup de pistolet. Le soir même Robespierre, Saint-Just et 19 députés robespierristes sont guillotinés. Le lendemain c'est au tour de 70 membres de la commune insurrectionnelle de subir le même sort.

Le Gouvernement Révolutionnaire a vécu.

C/ La Convention Thermidorienne (juillet 1794 - octobre 1795)

1) La réaction thermidorienne

La chute de Robespierre donne le pouvoir aux républicains modérés de la Plaine qui veulent conserver la République mais abandonner la dictature du Comité de Salut Public.

Le Comité de Salut Public est renouvelé et privé d'une grande partie de ses pouvoirs. Il ne conserve que la conduite de la guerre et de la diplômatie. Le Club des Jacobins est fermé. Mais la Terreur révolutionnaire est maintenue jusqu'en mai 1795, bien que l'on juge désormais plus de jacobins que de royalistes. Les lois sur le maximum et sur les suspects sont abrogées. La liberté de la presse est rétablie.

La réalité du pouvoir revient à la Convention à laquelle la Commune insurrectionnelle est subordonnée.

La répression frappe les artisans de la Terreur : Carrier, Fouquier-Tinville sont guillotinés, Barrère, Billaud-Varennes, Collot d'Herbois sont arrêtés. Carnot est écarté.

Les prisons s'ouvrent et à partir de 1795, les royalistes rentrent clandestinement et multiplient les articles de journaux et pourchasssent en province les acquerreurs de biens nationaux. C'est la "Terreur Blanche".

La Convention trop faible ou complice laisse faire et entâme des négaciations avec les chefs vendéens. Elle rétablit la liberté de culte, cesse de poursuivre les prêtres réfractaires. Mais la paix n'est qu'illusoire car les vendéens en profitent pour refaire leurs forces afin de mieux reprendre le combat.

2) La république menacée

L'hiver 1794/1795 est très rigoureux. La population souffre du froid et de la faim. Du fait que les assignats continuent à se déprécier, les paysans ne veulent plus livrer leur blé en échange d'une monnaie sans valeur.

Le 1er avril 1795 (12 germinal An III), le peuple de Paris venu demander du pain à la Convention est repoussé par les gardes nationnaux des quartiers bourgeois.

Le 20 mai, nouveau coup de force du peuple affamé. L'armée se rend maîtresse des faubourgs et confisque les armes.

Chaque émeute conduit de nombreux montagnards à la guillotine. Mais chaque coup porté aux Jacobins renforce le mouvement royaliste qui passe à l'action en juin 1795. Avec l'aide des anglais, les émigrés tentent un débarquement à Quiberon. Le général Hoche les encercle et les force à capituler (750 fusillés).

Dans le même temps, la révolte contre la république, la Chouannerie, reprend à l'appel des chefs royalistes (François Athanase de Charette de la Contie et Cadoudal). Hoche poursuit les révoltés. Charette est fusillé en mars 1796 mais la chouannerie se poursuit.

Le 5 octobre 1795 (13 vendémiaire), nouvelle émeute royaliste à Paris. Les insurgés cernent les Tuileries. Barras envoie le général Bonaparte qui écrase l'émeute avec ses canons.

Les Thermidoriens prennent conscience du danger royaliste. Après la mort au Temple du jeune Louis XVII (1795), le comte de Provence, frère de Louis XVI prend le nom de Louis XVIII et dans sa déclaration de Vérone se déclare prêt à rétablir l'ancienn régime.

Pour consolider le régime, les thermidoriens, qui veulent sauver leur vie et la République, votent une nouvelle constitution.

La Constitution de l'An III, qui sépare les pouvoirs et établit un régime censitaire.

Le pouvoir législatif est confié à deux chambres élues pour 3 ans et renouvelables par tiers tous les ans :

- Le Conseil des Anciens (250 députés âgés de plus de 40 ans)

- Le Conseil des 500 (âgés de plus de 30 ans)

Ces chambres sont constituées aux deux tiers par des conventionnels pour éviter le double danger des démocrates et des royalistes.

Le pouvoir exécutif est confié à 5 directeurs choisis par les Anciens sur une liste dressée par les 500, mais renouvelables à raison de un tous les ans.

le 26 octobre 1795, la Convention se sépare pour laisser la place à un nouveau régime républicain : le Directoire.

D/ Le Directoire (octobre 1795 - Novembre 1799)

1) Le premier Directoire (1795-1797)

A partir de 1795, la vie politique française est constamment dérangée par des élections ce qui empêche les autorités de mener une politique concrète. Face à cette incapacité à gouverner, c'est l'armée qui devient l'arbitre de la situation.

Les gens du Directoire sont favorables à une république modérée favorisant la bourgeoisie.

La situation économique et sociale est catastrophique : le trésor public est vide, les fonctionnaires ne sont plus payés, les routes et les ponts ne sont plus entretenus, l'inflation augmente la misère et le désordre et l'insécurité s'installent partout.

Au mois de mars 1796, l'assignat est remplacé par une nouvelle monnaie : le mandat territorial qui en huit mois perd 90% de sa valeur.

La France est en guerre et le directoire vie d'expédiants. Ce sont les victoires extérieures (guerres de Napoléon Bonaparte en Italie) qui permettent d'éviter la faillite du Directoire (prélèvements sur les pays conquis).

Le désordre monétaire entraîne la faillite des créanciers alors que les spéculateurs amassent des fortunes colossales.

Le Directoire se caractérise par sa corruption et son impopularité. L'armée joue un rôle de plus en plus important et les 4 années de ce régime sont jalonnées de nombreux coups d'Etat.

La répression contre l'opposition se poursuit :

A gauche :

Contre les Jacobins du "Club du Panthéon" regroupés autour de Gracchus Babeuf, théoricien d'une espèce de communisme agraire basé sur l'abolition de la propriété, le travail des terres en commun et l'égalité des fortunes. Babeuf prend la tête d'un complot pour renverser le régime ("La Conspirations des Egaux") mais il est arrêté et guillotiné en mai 1797.

Gracchus Babeuf est considéré comme un des théoricien du socialisme, dont les idées seront reprises au XIXs. par Karl Marx.

A droite :

Contre les royalistes. Lors des élections en 1797, les royalistes remportent de nombreux sièges dans les divers conseils. Le président du Conseil des Cinq Cents est royaliste (Pichegru) ainsi qu'un des 5 directeurs (Barthélémy).

Face à cette montée du péril royaliste, 3 des 5 directeurs font appel à Napoléon Bonaparte qui se trouvve alors en campagne en Italie. Il envoie en France un de ses lieutenants en la personne d'Augereau qui, le 4 septembre 1797 (18 Fructidor An V), fait arrêter Pichegru, Barthélémy et les principaux chefs royalistes. Les députés royalistes sont invalidés, ce qui constitue un véritable coup d'Etat en violation totale de la loi mais dans le but de sauver la République.

2) Le second Directoire (17917-1799)

Après le coup d'Etat du 18 Fructidor, une terreur directoriale s'installe contre les royalistes :

- Les mesures prises frappent surtout les émigrés et les prêtres réfractaires. L'administration est épurée. Les libertés de presse et d'expression sont suspendues.

- La religion catholique est particulièrement visée. En effet, de nombreuses églises sont vendues, les offices religieux interdits. Un nouveau culte est mis en place : le culte décadaire (ensemble de cérémonies républicaines organisées chaque "décadi").

Favorisés par les mesures anti-royalistes, les Jacobins remportent les élections de 1798. Le Directoire, craignant alors d'être débordé sur sa gauche et toujours en violation de la légalité, provoque un nouveau coup d'Etat, le 11 mai 1798 (22 Floréal an VI), qui écarte les Jacobins.

Malgré la politique de conquête et l'établissement d'un nouvel impôt (sur les portes et les fenêtres, aboli uniquement en 1914), le Directoire ne surmonte pas ses difficultés financières.

Sur le plan économique, bien que de nouvelles industries apparaissent (textile, métallurgie, horlogerie...), la situation est des plus médiocres. Dans l'agriculture, la baisse des prix agricoles entraîne la chute de la consommation et explique la situation précaire des petits commerçants. Quant aux grands négociants, leurs activités extérieures sont entrâvées par les anglais.

3) La fin du Directoire

Lors des élections de juin 1799, les Jacobins remportent une nouvelle victoire et provoquent un nouveau coup d'Etat, le 18 juin 1799 (30 prairial an VII), en réussissant à faire démissionner 3 des 5 directeurs. Les Jacobins votent alors une série de mesures exceptionnelles :

- Emprunt financier sur les riches

- Réquisitions matérielles sur les riches

- Levée en masse

Face à cette montée de Jacobinisme, la bourgeoise se manifeste en faveur de la mise en place d'un régime autoritaire qui puisse garantir les grands acquis de la Révolution et mettre un terme victorieux à la guerre.

C'est alors que l'un des directeurs (Siéyès) prend la tête d'un mouvement de révision de la constitution en demandant l'appui de l'armée. Napoléon Bonaparte, dont la popularité est grande du fait de ses conquêtes, repond favorablement à cet appel.

Le complot est élaboré par deux directeurs (Siéyès et R. Ducos), des ministres (Talleyrand et Fouché), des militaires (Bonaparte et Murat), avec l'appui du Conseil des Anciens et de Lucien Bonaparte (frère de Napoléon), président du Conseil des Cinq Cents.

Le 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII), les comploteurs font courir le bruit d'un complot royaliste, à la suite de quoi les deux conseils sont transférés à Saint-Cloud.

Le lendemain, 10 novembre 1799 (19 brumaire an VIII), devant l'hésitation des deux conseils à voter la révision de la Constitution, Lucien Bonaparte fait intervenir l'armée pour "chasser les députés factieux". Le soir même, quelques députés désignent trois Consuls provisoires, Siéyès, Ducos et Bonaparte, chargés de rédiger une nouvelle Contitution.

L'expérience républicaine du Directoire a vécu. Paris n'a pas bougé pour défendre un régime complètement discrédité.