Pour l’Amérique Latine, comme dans le reste du monde, il faut affirmer que seulement une agriculture dynamique et rentable peut faire que l’économie globale mène à un développement soutenu en résolvant les problèmes de pauvrété.
Le rôle central du secteur agraire dans le modèle de développement social oblige à la recherche de nouvelles voies dans la politique économique pour s’adapter aux conditions économiques générales et aux exigences des marchés agraires mondiaux.
Pendant les dernières décennies les perspectives d’une croissance en Amérique Latine ont été améliorées bien que dans cette évolution il existe des contradictions.
Dans l’objectif d’éprouver et maintenir un développement économique et social autonome et équitatif, les pays de l’Amérique Latine ont décidé "d’entrer en scène" et participer à l’ouverture nationale. En ce sens les résultats et la conduite de l’agriculture régionale ont été malgré tout décevants, spécialement dans le secteur d’exportations agraires.
Cependant la population active consacrée au secteur agraire reste très importante (plus de 30% de l’emploi total).
Il faut bien marquer que les pays de l’Amérique Latine sont des pays contraints (dépendance des échanges avec leurs principaux partenaires), ce qui borne leur développement économique.
Tout d’abord on étudiera les évolutions des exportations agraires pour ensuite étudier celles des importations en Amérique Latine. Pour finalement déterminer quels sont les résultats et les obstacles de cette internationalisation de l’agriculture.
Le panorama agraire de l’Amérique Latine présente d’un côté une production commerciale moderne qui apporte un pourcentage élévé de la production totale qui envisage l’exportation pour attirer les dévises; et de l’autre côté de petites agricultures qui subsistent.
La production agraire elle-même apporte en moyenne 10% du PIB global de l’Amérique Latine dont une grande partie est consacrée à l’exportation. Elle représente 20% du PIB total au Guatémala, au Nicaragua, au Paraguay et au Honduras.
Dans le secteur extérieur la Balance Commerciale de l’Amérique Latine a amélioré: elle tend maintenant vers les 8 milliards de dollars américains.
Cette amélioration des résultats des exportations (13% des exportations réelles= 32 milliards de dollars) est du principalement à l’augmentation des prix des produits (notamment celui du cuivre, du cotton, et du blé) et à la réduction, voire l’élimination, des tarifs douaniers et d’autres barrières commerciales (taxes à l’exportation).
C’est ainsi que les échanges internationaux ont augmenté de 2% en Amérique Latine. L’exportation agraire suppose plus de 50% de la valeur de l’exportation totale. C’est le cas de l’Argentine, le Bélice, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatémala, le Honduras, le Nicaragua, le Panama, le Paraguay et l’Uruguay.
D’autres pays tels que le Chili, la Bolivie, la Colombie et le Pérou ont une exportation agraire qui représente entre 25% et 50% de l’exportation totale.
Le niveau d’importations agricoles est lié à deux facteurs principaux: le développement et l’abondance des ressources naturelles.
Les économies les moins développées sont par définition des économies non-industrialisées et la plupart de leurs ressources est à caratère agricole et elle est utilisée pricipalement pour la production nécessaire pour satisfaire les besoins internes du pays.
En ce sens, le développement de l’économie est quasi autosuffisant dans le secteur agricole, mais à basse consommation.
En 1995, les importations en Amérique Latine ont été de l’ordre de 17 milliards de dollars. Il semble qu’en termes très généraux, le niveau des importations agraires n’ont pas été trop disproportionnées par rapport au niveau des revenus.
Ceci est la conséquence de l’augmentation de la demande de produits agricoles de la part de l’Asie et de l’Europe, de même que des échanges intra-régionaux poussés par MERCOSUR.
Les pays de l’Amérique Latine commencent à affirmer une autonomie relative par la fondation en 1963, dans le cadre de l’OEA (Organisation d’Etats Américains), de la Comission Spéciale de Coordination Latino-Américains (sans les EU).
En 1969, le Consensus de Villa del Mar tente de posser de nouvelles bases de coopération continentale. Ainsi, le Pacte Andin prévoit une procédure de contrôle et des limitations des investissements étrangers et le Système Economique Latino-Américain (SELA) créé en 1975 permet la création d’un front commun dans les réunions internationales et souhaite contribuer à l’autosuffisance régionale en vue du développement.
Plus tard, l’apparition de deséquilibres externes, les grands déficits budgetaires et le manque de competitivité des produits nationaux ont entraîné des problèmes dans le modèle de l’industrialisation pour la substitution de produits d’importation.
L’Amérique Latine joue un rôle important dans la perspective d’une croissance économique soutenue et d’une amélioration des conditions d’existence qui repose en grande partie sur l’expansion de ses exportations agricoles et à l’accroissement de la productivité de ses exploitations agricoles.
Or, les importations et les exportations de la région se heurtent sans cesse à de grands obstacles au-delà de ce rivage à savoir les entreves au libre échange érigées par les pays industrialisés. Ces barrières sont, certes, en train d’être levées pour divers biens faisant l’objet d’échanges mondiaux, mais les accords de libre échange et d’intégration excluent systématiquement les produits agricoles.
Les obstacles au libre échange des produits agricoles sont legions. Il y a notamment les taxes à l’exportation et les subventions, les achats publics, l’accumulation de réserves à des fins commerciales, le caractère contraignant de certaines formalités douanières, les conditions des licences, les quotas, la fixation des prix par la puissance publique et les taux de change discriminatoires, ainsi que des restrictions sanitaires.
Les entraves au commerce étranglent le développement économique et sont par nature injustes, surtout à l’égard des pauvres. Les taxes à l’importation sont ressenties, a juste titre, comme des taxes indirectes à l’exportation encouragent l’inefficacité et servent de prétexte à des mesures de rétorsion.
En plus, les politiques agricoles de la région ont été fortement influencées par toute l’ambiance de la politique économique. En général le processus de libéralisation du marché agricole et son ouverture extérieure se sont développées mais avec un fort compromis politique à dégrés différents où l’intervention de l’Etat dans les mécanismes du marché de prix reste significative.
Les politiques agricoles constituent un important volet du problème. Au cours des années 80, la dévaluation des monnaies locales a produit de meilleurs termes de l’échange pour l’agriculture, mais ces améliorations ont éte contre-balancées en grande partie par la chute des investissements publics dans l’agriculture et par l’incidence négative des mesures protectionnistes des pays industrialisés. Ces élements ont en fait abouti à la création d’incitations favorisant la dégradation de l’environnement et avivant la pauvrété dans la région.
Ces conditions montrent la difficulté de trouver un bon mélange de politiques pour faire face en même temps aux besoins de la stabilité macroéconomique et de la croissance soutenue.
|
Régions |
Population active |
PNB |
Exportations |
|
Afrique |
69,4 |
20 |
19 |
|
Asie |
60,3 |
8,6 |
|
|
Amérique Latine |
24,5 |
10 |
26,4 |
|
Fédération de Russie |
14,3 |
0,9 |
13,1 |
|
Pays de l'OCDE |
6,6 |
2,6 |
Après avoir subi une étape de profondes transformations économiques, les perspectives pour l’avenir de l’Amérique Latine sont aujourd’hui beaucoup plus encourageantes qu’elles étaient avant.
De nos jours, les pays de l’Amérique Latine sont d’importants partenaires dans le commerce international et font de gros efforts pour préserver leur place bien qu’ils restent des pays contraints.
Les perspectives agricoles de la région seront en fonction de la capacité de résoudre les problèmes et les incertitudes qui noircissent l’ambiance macroéconomique. L’Amérique Latine suppose un grand potentiel de récupération des économies: la demande des produits agricoles doublera au cours de 50 années prochaines. L’Amérique Latine est bien installée pour aider à répondre à cette demande et elle rédécouvre ses immenses atouts dans le domaine de l’agriculture: vastes réserves de terres arables et des potentielités d’accroissement continu des rendements.
L’Amérique Latine peut elle-même prendre des mesures pour pousser son agriculture?