AVILA Irais T ES
NESME Chloé
LA MODERNISATION DE L’AGRICULTURE EN AMÉRIQUE LATINE
Les pays d’Amérique latine tentent depuis quelques années de moderniser leur agriculture pour la rendre plus performante et ainsi pouvoir satisfaire les nécessités alimentaires de leur population et exporter une partie de la production. Ils ont subit ou subissent encore une révolution verte. La modernisation de l’agriculture en Amérique latine se fait de différentes formes: mécanisation, développement de nouvelles techniques, fronts pionniers...
Nous allons étudier ses formes de modernisation et aussi les conséquences de cette modernisation.
I- Les différentes formes de modernisation.
La modernisation agricole en Amérique Latine a touché les techniques, le travail, mais surtout les structures. Elle est dite " conservatrice " car elle ne va pas dans le sens d’un accroissement de la justice sociale mais dans le sens de l’efficacité par le marché en acceptant un coût social élevé : plus de compétition alors plus d’inégalité.
La modernisation agricole se développe en vue d’une recherche de l’efficacité, de la rentabilité maximale de l’agriculture d’exportation. On utilise donc des technologies " industrielles " comme la mécanisation dans la production. On trouve donc un développement des entreprises modernes qui permettent l’agri- business, ceci par mécanisation á outrance qui évite que les anciens ouvriers agricoles travaillent ou bien á cause des filières agro- alimentaires qui sont souvent sous le contrôle des firmes multinationales américaines ou européennes. Cette agriculture est de plus en plus insérée dans la filière agro- alimentaire, elle dépend donc de l’amont et de l’aval. Il s’agit d’une agriculture sous contrat se développe dans cette partie du continent américain avec un cahier des charges imposé par les firmes commerciales. Les principaux pays concernés sont Argentine, Bolivie, Brésil, Colombie, Costa Rica, Chili, Ecuador, Honduras, Mexique, Panama, Paraguay, Pérou, Uruguay. Les politiques agricoles en Amérique Latine visent une mécanisation en vue de plus d’intérêt de la part des grandes entreprises pour bénéficier l’économie. On trouve donc un désengagement des Etats au bénéfice de ces grandes entreprises. Par exemple, en 1992 au Mexique, il y a eu une abolition des réformes agraires en vue de privatisations. Les crédits publics sont orientés vers les aides agricoles pour soutenir les entreprises performantes. Á cause du développement des entreprises de l’agri- business, la mécanisation se fait plus facilement grâce au nouvelles techniques apportées par celles- ci en profitant du climat et des différentes situations de chaque étendue agricole. Ceci se fait surtout par la concentration foncière et un agrandissement massif par exemple au Nordeste du Brésil et au sud du Brésil. La modernisation se montre aussi par la réorientation des productions vers l’exportation, il y a un grand essor des produits dits vedettes comme le soja brésilien, viande, fruits, etc. On trouve donc que de nouveaux principes dirigent le destin de l’agriculture. La place de l’agriculture dans les économies nationales est redéfinie, on disparaît les économies " agro- exportatrices " oú l’agriculture constituait le moteur au profit d’économies á base industrielle. De plus l’industrie qui visait la " substitution aux importations " est réorientée vers les exportations. Donc la fonction assignée á l’agriculture est d’abord de procurer des devises qui s’investiront dans le système industriel, c’est á dire les exportations, et d’autre part, de ravitailler á bon marché les populations ouvrières (agriculture vivrière). La " modernisation conservatrice " correspond donc á une croissance économique dans une perspective libérale de compétition sociale.
II- Les fronts pionniers.
-définition
Un front pionnier est une frontière intérieure d’un territoire caractérisée par la mise en valeur et le peuplement de nouveaux espaces.
Sur le plan agricole, il s’agit d’étendre l’espace cultivé par "colonisation agricole" de territoires vierges.
Ceux-ci sont utilisés comme une solution pour les pays refusant la réforme agraire comme le Brésil, ou comme complément de celle-ci, c’est le cas du Mexique et des pays andins.
-le développement des fronts pionniers en Amérique latine
La colonisation agricole n’est pas propre à l’Amérique latine mais elle y connaît une ampleur exceptionnelle du fait de l’existence d’immenses espaces vies au cœur du continent et d’une énorme pression sociale sur la terre. Les fronts pionniers comprennent l’Amazonie, la façade atlantique de l’isthme centre-américain, la forêt de l’Est Paraguay et les tropiques humides du Mexique.
Les objectifs étaient tout d’abord sociaux: installer des familles en surnombre dans leur région d’origine, ensuite ils sont devenus économiques: accroître les produits d’exportation, spéculer sur des bénéfices rapides.
Au Brésil, l’ouverture des grandes routes amazoniennes a été pensée dans les années soixante-dix comme une réponse à la crise du Nordeste désolé par la sécheresse.
On peut déterminer deux phases successives dans la "colonisation agricole":
-la première, jusqu’aux années soixante-dix, est celle de la colonisation officielle, où l’on attribue aux paysans des lots délimités au long des routes transamazoniennes, doublée par la colonisation spontanée qui s’installent sans titre de propriété , mais ils pouvaient l’obtenir après.
-la deuxième vise à l’inverse, l’implantation de très grands domaines d’élevage (25 000 ha minimum) aidés par l’Etat , les grands propriétaires parfois expulsent les familles antérieurement installés a titre précaire.
Mais les fronts pionniers posent la question environnementale en Amazonie: celle-ci constitue une réserve importante de bio-divérsité; de nouvelles espèces sont régulièrement découvertes. Leur disparition prive les générations futures de ressources précieuses: on est donc en contradiction avec le projet de développement durable.
III- Les conséquences de la modernisation.
La modernisation entraîne le développement du salariat. Les paysans qui étaient installés á titre précaire sur les domaines sont expulsés car les propriétaires veulent reprendre toutes les parcelles. Les expulsés alimentent les bidonvilles des grandes villes ou s’installent dans les petites villes proches pour rester á proximité du travail agricole. Ils sont journaliers et offrent leur travail aux propriétaires qui les recrutent á la journée : il y a une situation de précarité qui ne fournit l’emploi que lors des pics de travail. Au brésil, on nomme " boïas frias " de très nombreux ouvriers agricoles sont dans cette situation. De plus, les cultures vivrières stagnent, comme le maïs ou haricot car ils ne portent pas les mêmes bénéfices que les produits " vedettes ", la concentration foncière prive souvent la micro- paysannerie de ses terres.
La mécanisation á outrance qui prive les anciens ouvriers agricoles de travailler et donc ceci est une des raisons essentielles expliquant la rapidité de l’exode rural et de l’urbanisation en Amérique Latine. C’est pour cela que la population rurale s’intéresse de plus en plus dans la question de la modernisation : Fondation pour le Progrès de l’Humanité (FPH) á l’aide du Programme des Campagnes et Modernisation (PACM). Ce programme montre que les agricultures sont soumises á une transformation forcée sous l’influence de la révolution technologique, la mondialisation des échanges des produits, montre aussi les graves conséquences que pour les sociétés et espaces ruraux pourrait entraîner la disparition de l’agriculture campagnarde. Toutefois, l’agriculture peut s’adapter á la modernité et progresser si elle compte avec les conditions favorables, oú on peut noter appropriation du progrès technique par les paysans et la capacité de ceux- ci pour participer dans les déterminations des conditions économiques et sociales de la production agricole. Ce programme veut assurer la liberté d’expression entre les paysans de façon á ce que les mouvements et organisations paysannes puissent exposer et confronter leurs idées entre eux ou autres acteurs sociaux comme les dirigeants politiques, investigateurs, consommateurs etc. Avec ceci, PACM a réussit á faire environ 135 organisations paysannes et indigènes, le but de ces organisations et montrer les tendances des agricultures devant l’impact des modèles économiques néo- libéraux et la modernisation. Enfin, on peut dire que les politiques ultra-libérales poussées par les intérêts économiques nord- américains impose la loi exclusive du marché, de la rentabilité économique et efface toute préoccupation sociale.
En conclusion nous pouvons dire que l’ agriculture d’Amérique latine n’est pas encore aussi performante que celle des pays développés. La modernisation apporte des résultats positif pour l’économie du pays mais aussi quelques inégalités surtout sur le plan social. Les résultats sont aussi différents selon les différents pays, en Colombie il y a une meilleure situation dans les zones caféières où se développent de petites plantations modernes; au Venezuela l’ agriculture disparaît a cause de la rente pétrolière.