INTRODUCTION
Même si l’Amérique latine dispose d’un riche potentiel cultivable et que son agriculture représente 10% des exportations mondiales celui-ci a toujours été un secteur très problématique : les terres sont inégalement reparties, les paysans sont mal nourris et très pauvres, et elle connaît des importantes crises agraires.
Ceci a provoqué que l’agriculture de l’Amérique Latine soit sous-développée par rapport a ce qu’elle pourrait être, restant ainsi a cheval entre une agriculture á tendance traditionnelle et une agriculture développée.
Quel est le poids des traditions dans l’agriculture de l’Amérique Latine ?
On étudiera en une première partie l’importance des traditions dans sa production, puis dans sa structure agraire et finalement dans sa communauté rurale.
Les traditions sont la base de nombreux produits qui constituent l’agriculture latine. Ainsi, le mais, les haricots et les courges dominent l’Amérique centrale et le Mexique. Dans les Andes, ces mêmes produits, auxquels s’ajoutent la pomme de terre et des grains et tubercules moins connus, sont la base de l’alimentation rurale. Le manioc, l’igname et d’autres cultures de racines jouent un rôle notable dans la nutrition des populations des régions tropicales.
Les cultures traditionnelles conservent et dépendent de la connaissance et de la culture indigène et sont adaptées au climat local. Ceci explique la grande diversité de produits, ces derniers variant selon les pays. Prenons l’exemple du Mexique. La société précolombienne cultivait nombre de plantes inconnues auparavant par l’Europe et qui jouent aujord’hui un rôle essentiel chez ce dernier : mais, haricot, patate douce, tomate, piment, melon, cacao, vanille, agaves à sisal ou maguey (base de la tequila et du pulque ), bien d’autres fruits et graines (quinoa), et des légumes comme l’amarante, le manioc, la pomme de terre, l’arachide, etc.
Le mais apparaît comme le produit traditionnel le plus répandu parmi les sociétés rurales d’Amérique latine, surtout à cause du fait qu’il pousse sur presque n‘importe quel terrain. De nombreux paysans, poussés par l’extension croissante des ranchs et de l’agribusiness à s’installer sur les pentes et n’ayant pas d’autres ressources, dépendent du mais. Le mais joue aussi un rôle fort important dans les traditions, étant à la base de nombreux rituels et de boissons traditionnels comme le " teguino " (boisson alcoolique des huichols du Mexique, fait avec la fermentation du mais pour les semaines de festivités) ou la " chicha " (bière à base de mais ; boisson royale des Incas).
La tradition marque toujours les moyens de production de nombreux agriculteurs latino-américains. Ainsi, de nombreuses cultures rurales conservent des moyens de production archaiques, surtout grâce à la paupérisation et à l’isolement géographique de ces régions.
L’agriculture traditionnelle peut souvent être rapprochée des agro-écosystèmes. Ces agro-écosystèmes utilisent les ressources locales, sont adaptés aux conditions locales, maximalisent les rendements en maintenant la capacité productive, conservent la diversité et continuité spatiale et temporelle et utilisent la production premièrement pour satisfaire les besoins locaux.
La modernisation a peu touché l’agriculture paysanne. La plupart du travail est effectué à la main par le propriétaire du terrain et la mécanisation est minime, si pas inexistante. Le peu de terres que les paysans possèdent sont souvent héréditaires, travaillées par la famille et utilisées comme moyen de subsistance.
Ces types d’agriculture sont peu touchées par les politiques infrastructurielles et d’aide agricole. Ils dépendent donc complètement des conditions naturelles, témoignant ainsi leur capacité d’adaptation aux contraintes climatiques. Ainsi, l’agriculteur huichol de la Sierra Madre sait bien que le cort de sa récolte ne dépend pas que de lui mais aussi de la Terre et de Dieu.
Nous observons donc qu’il y a toujours un grand rôle donné aux croyances religieuses, d’où l’existence qu’il convient de remarquer de rituels agraires.
L’expression la plus directe de l’influence des traditions dans l’agriculture d’Amérique latine sont les rituels agricoles qui se déroulent encore de nos jours, malgré les évolutions subies et la perte de popularité. Ces rituels sont souvent un métissage entre le christianisme et les croyances indigènes et leur existence témoigne souvent de la seule condition de l’isolement. Ainsi, c’est dans les communautés rurales les plus éloignés du développement et de la civilisation (et donc de plus en plus en contacte direct avec la terre) que persistent ces traditions. Ces dernières prennent lieu dans les hauteurs sacrées des montagnes. Par exemple : San Andrés Cohamiatla (Sierra Madre du Mexique) est le lieu de réunion des huichols, le cratère Pozo de Ostotempa (centre de l’État de Guerrero, Mexique) est la fin du pélérinage des nahuas, ou la vallée de Sinakara (région de Cuzco, Pérou), qui est le site sacré des Incas.
Ces rituels sont l’occasion de formation de communautés agricoles (la récolte des particuliers est mise au service de la communauté pour le dîner des festivités) et rurales (chaque individu est attribué une charge, souvent par le conseil des anciens). Offrandes et sacrifices animals accompagnent la cérémonie pour glorifier un Saint ou une divinité de la nature. On demande une pluie abondante et une récolte prospère.
Il est fort intéressant de remarquer les paroles de Rocío Echevarría, directrice de la Casa Huichol de Guadalajara, Mexique : " Il est primordial que nous aidons ces gens à conserver leurs traditions car c’est grâce à eux et leurs rituels que la Terre continue à tourner, que le Soleil se lève tous les jours et que la Terre nous donne ses fruits ". Le poids des traditions dans l’agriculture serait donc à regarder complètement d’un différent point de vue…
Suite à de nombreux situations d’instabilité politique qui s’insèraient dans la logique du monde bipolaire, l’Amérique latine chercha à se libéraliser. Elle mena des politiques pour développer des produits nationaux qui puissent faire face à la concurrence internationale. Les États ont donc ouvert les portes aux FMN, surtout d’origine états-unienne, tels la United Fruit Company (devenue United Brand) et Cargill. Celles-ci ont abandonné en grande partie l’exploitation direct de la terre, au profit d’un contrôle de la commercialisation des produits. Sur le modèle de ces FMN, ces États encouragent les exploitants qui travaillent sous contrat avec les grandes firmes, afin qu’ils s’intègrent progressivement aux chaînes agro-industrielles.
On cherche donc à effectuer une intégration de l’agriculture à l’industrie et au commerce.
Les États ont donc mené des vastes politiques de modernisation à travers la mécanisation et l’utilisation d’engrais et de pesticides. Malheureusement, cette modernisation n’a touché que quelques plaines et vallées très fertiles et n’a surtout concerné que les cultures d’exportation et celles qui se mécanisent le plus aisément ou se destinent à l’industrie. De nos jours, cette nouvelle technologie n’est pas encore arrivé à cette quantité importante de paysans appauuvris. De nombreux agriculteurs insistent à conserver les systèmes traditionnels alors que dd’autres alternatives peuvent être à leur disposition. Par exemple, seulement entre 10 et 15% du total de paysans mexicains adoptèrentgraines améliorées, fertilisants, pesticides et machinerie, tandis qu’environ 60 à 91% des agriculteurs à grande échelle adoptèrent ces modernisations. Sur les versants de certaines régions de la Colombie, 15% des paysans adoptèrent les nouvelles variétés de mais, alors que 65% des producteurs des vallées de terres plaines le firent. En outre, beaucoup de paysans ont des difficultés à adopter ces nouvelles techniques dû au fait que les variétés modernes et les recommendations technologiques globales sont fréquemment fort inadéquates pour l’immense hétérogénéité écologique et socio-économique qui caractérise leurs propriétés. Il faut aussi prendre en compte le fait ue de ombreux agriculeurs refusent l’adoptation de technologies qu’ils percoivent comme risqués à cause de leur mauvaise conduite dans des conditions marginales et aussi car elles tendent à contribuer à la monétarisation de leur économie, les rendant de plus en plus dépendants de marché.
Cette modernisation a donc favorisé les cultures destinées à l’exportation. Ainsi, pour ce qui est du cas de la Colombie, bananes, coton, sucre, sorgho, soja et riz irrigué-mécanisé, qui représentaient 8% de la valeur de la production agricole en 1950, en représentent 28% en 1970 et ont progressé depuis. Ces cultures n’ont cessé d’être favorisées par les autorités, d’abord par toute une série de crédits forts avantageux, gérés en liaison avec les toutes puissantes associations de producteurs, les gremios, qui ont beaucoup plus de pouvoir réel que le ministère de l’Agriculture.
De même, l’agriculture latino-américain vit ses productions de viandes, produits laitiers, soja, sorgho, fruits et légumes s’intensifiées, autant pour l’exportation que pour un marché interne à haut revenus. Les productions traditionnelles d’exportation subirent de même des transormations dans leur orientation et structure productives. Certains produits s’orientèrent beaucoup plus vers le marché interne (tabac, cacao ,sucre) dû à l’implantation de nouvelles industries qui utilisèrent ces produstions comme consommations intermédiaires (l’industrie de cigarettes, de soda, etc.) ; d’autres virent leurs marchés se déplacer.
Les exprotations agricoles d’Amérique latine représentent aujord’hui 10% des exportaitons mondiales de produits agricole, atteignant 77% pour les bananes, 52% pour le café, 46% pour le sucre, mais seulement 12% pour le mais, la céréale emblématiue des civilisations préhispaniques.
Nous observons donc que l’insertion de l’Amérique latine sur les marchés mondiaux se fait grâce aus cultures d’exportation. Mais la réussite est relative, dans la mesure que ce développement se fait au dépens des cultures vivrières et qu’on a recours à des importations massives de céréales.
La part des importaitns de produits alimentaires, et en particulier de céréales, ne cesse de progresser : elles ont quintuplé entre 1970 et 1990. Au Mexique, le taux de couverture dans les échanges agricoles a beaucoup diminué depuis 1982. Au Brésil, les exportations augmentent moins vite que les importations depuis le début des années 80.
Cette importance des importations provoqua chez la production interne d’aliments de base une tendance à être déplacée, soit vers les importations de produits substituts, soit vers les nouveaux produits agro-industriels et d’exportation qui furent favorisés par les politiques. Par exemple, au début des années 70, le Mexique produisit des excédents de mais. Mais, dû à la meilleure rentabilité d’autres cultures (certains de ces cultures orientées préférablement vers l’exportation et les cultures fourragères, la terre dédiée à la production de mais a diminué de 10 à 15% sur l’ensemble des années 70, et, au début de cette décénie, le Mexique a commencé à importer des graines des États-Unis.
Nous pouvons donc témoigner que les cultures " marchandes " s’imposent sur les cultures traditionnelles, ces dernières apparaissant donc comme freins au développement externe des pays. À cause de la baisse des productions vivrières et l’augmentation non négligeable de la population, des problèmes d’autosuffisance alimentaires se présentent, accompagnés de cas importants de sous-nutrition (la ration quotidienne des populations latino-américains est inférieure de un tiers à la moyenne européenne) et de mal-nutrition (par exemple, 40% des enfants du Salvador sont en situation d’anomie). Dans de tels conditions, la production traditionnelle (vente locale à bas prix) peut jouer un rôle primordial. Ainsi, grand nombre de paysans, n’ayant pas assez d’argent pour s’acheter du lait, des oeufs ou de la viande, dépendent du mais comme source principale de protéines.
Comme nousl’avons annoncé auparavant, de nombreuses cultures d’Amérique latine conservent des moyens de production de leurs ancêtres, des savoir-faire qui se sont transmis à travers les générations. Ces connaissances sont des moyens d’adaptation aux exigences du milieu que les sociétés pré-colombiennes ont inventé.
Ainsi, à Tenochtitlán, la capitale des Aztèques qui se trouve sur un lac, ils durent s’adapter aux conditions marécageuses pour pouvoir cultiver. C’est ainsi que furent mises en place les chinampas, la culture la plus intensive de tous les techniques mésoaméricains. Les chinampas, culture qui existe toujours à Xochimilco, Mexico, sont des champs de culture obtenus de terrains marécageux pour lesquels on ouvre des canaux d’irrigation en extractant de la boue qui s’aacumule et forme les chinampas, ces dernières finissant à hauteur suffisante pour sur le niveau de l’eau pour être secs et permettre la culture. L’humidité du sous-sol et l’arrosage à la main permettent d’exploiter ces terres le long de l’année. La fertilité des chinampas reste permanente avec l’utilisation de fertilisants tels la boue et la végétation des canaux.
Autre exemple d’utilisation des conditions du milieu pour favoriser la culture serait la technique des terres levées chez les indigènes Aymara des alentours du Lac Titicaca. En creusant des canaux et en cultivant les terres levées, on peut obtenir un rendement beaucoup plus prospère et en même temps protéger les cultures des gels de la nuit, ceci grâce à l’évaporation de l’eau pendant la nuit qui forme une fine brume qui couvre les plantes et créant ainsi un micro-environnement artificiel.
Cette technique agricole, retrouvée après mil ans, pourrait aider énormément les problèmes alimentaires de la région, et on est donc en train d’essayer de la diffuser.
Nous pouvons de même observer une tentative de retrouver les produits traditionnels puisque grand nombre de ces derniers pourraient aider l’agriculture de nos jours, que cela soit en remplacant des produits rares, en permettant la culture de plus de terres ou en résolvant des problèmes de nutrition.
Nombreuses plantes ont des vertus qui, jusque dernièrement, étaient connues que par les Indiens. C’est le cas d’une plante du Nord du Mexique dénommée jojoba (Simmondsia drinensis), qui pourrait accomplir de nombreux travaux qui nous exigeons des dérivés du pétrole.
Autre plante des indigènes, majoritairement inconnue est le guayule (Parthenium argentatum). Ce petit arbuste pourrait tranquiliser la tension créée par la demande excessive du caoutchouc naturel et l’augmentation des prix (ces derniers ont doublé en 5 ans). Les indigènes ont depuis longtemps utilisé le caoutchouc de guayule, qui est essentiellement le même que celui extrait des arbres de caoutchouc, pour fabriquer leurs balles de jeu. Mais le retour de ce produit sur le marché n’a réussit que au Mexique, où des douzaines de pneus de guayule ont passé des preuves de qualité.
Pour ce qui est des produits traditionnels qui pourraient améliorer la nutrition de nombreux paysans, l’haricot téparie (Phaseolus Acutifolius) et l’amarante (Amaranthus Hypochondriacus) pourraient y jouer un rôle primordial. Ces deux plantes exigent peu de soins et produisent des quantités importantes de graines qui sont fort concentré en protéines.
Ces plantes possèdent des propriétés qui ne peuvent pas être négligées, mais elles sont encore rarement connues et peu diffusées.
1) L’inégalité des structures agraires
Malgré plusieurs réformes agraires, l’Amérique Latine se caractérise par une très forte inégalité quant a la répartition des terres, ayant d’une part des très grandes exploitations et de l’autre des petites exploitations :
Le rapport entre ces grandes et petites exploitations est très inégal :
Au Brésil, 50% de la terre cultivable appartient á 1% des propriétaires, tandis que 39% des exploitations sont de moins de 5 hectares et ne représentent que 1,5% de la SAU (Surface Agricole Utile).
Mais d’où provient cette inégalité ?
Ces inégalités ont pour origine la conquête ibérique.
Dans le cas du Brésil, les Portugais, au XVIème siècle, divisent d’abord la côte dus nord-este en vastes plantations sucrières, puis l’arrière pays en immenses exploitations d’élevage. Dans le reste de l’Amérique Latine, conquise par les Espagnols, les vastes domaines sont, au départ, des dons de la Couronne aux conquérants ou des appropriations illégales régularisées ensuite. De plus, le grand domaine va se généraliser aux XVIIème et XVIIIème siècles, et se maintient grâce au droit des aînesse. Ce regroupement de terres, donnera naissance aux Haciendas. L’un des traits fondamentaux de l’hacienda est qu’elle disposa toujours de plus de terres qu’elle ne pouvait exploiter. Ceci est dû d’une part par le fait que, l’extension des terres étant un signe de prestige du propriétaire, celui ci achetait plus de dont il en avait besoin. D’autre part, les moyens d’exploitation étant peu modernisés á cause du prix élevé des machines qui devaient forcément être importées, les propriétaires dépendaient de la main d’oeuvre fournie par la population indigène, mais celle-ci diminuant catastrophiquement depuis l’arrivée des espagnols (en 80 années, trois quarts de celle-ci a disparue), il ne resta personne pour travailler les terres. Ces deux facteurs laissèrent d’énormes extensions de terres inutilisées.
2) Les réformes agraires
A travers les réformes agraires les États ont généralement poursuivi trois buts :
On a voulu réduire l’inégalité foncière, et donc sociale, en donnant de la terre a ceux qui n’en ont pas, ou pas assez. On a désiré améliorer la production, car les latifundios étaient considérés comme peu productifs. On a souhaité enfin de retirer aux riches propriétaires la source de leur force économique et politique : la terre. Dans certains pays andins, les réformes ont visé en outre parfois a régler le problème des terres collectives des communautés indiennes qui, jusqu’alors avaient souvent été rattachées indûment aux grands domaines.
Mais les dirigeants, souvent de grands propriétaires, refusaient á faire appliquer ces réformes. Par contre, ils changèrent rapidement d’avis lorsqu’ils trouvèrent dans celles ci un moyen de se protéger des révoltes pouvant conduire á une révolution comme celle de Castro au Cuba en 1959.
Cette réforme agraire va être menée de différentes façons :
3) L´échec des réformes agraires
Malgré les réformes agraires, la situation reste très inégalitaire : beaucoup de paysans sont restés sans terre lors de la " redistribution ". De même, l´augmentation de la population rurale a apporté un emmiètement des ejidos (car ceux ci étaient transmis patrimonialement) créant des milliers de territoires trop petits pour permettre des exploitations significatives.
Cette inefficacité des réformes a mené á que les Etats les abandonnent progressivement : au Mexique, de nombreuses terres communautaires, donc qui ne pouvaient pas être vendues, avaient été vendues a des propriétaires qui recommencèrent á
créer des grands domaines. Dans le cas du Brésil, en 1990, seulement 4,6 millions d´hectares ont été expropriées et redistribuées a des familles, soit 10% de ce qu´avait promis la réforme agraire de 1985, laissant des millions de familles sans terre (Mouvements des Sans Terre).
Dans les sociétés pré-hispaniques, la notion de propriété privée de la terre était quasi-inexistante : on travaillait les champs pour la subsistance de la communauté. Les agriculteurs étaient la plupart du temps la base de la société et de l’organisation sociale. La communauté agricole dominait donc chaque peuplement.
Ces communautés agricoles persistent encore de nos jours, étant souvent dans des petits villages indigènes isolés où l’on mène une agriculture particulière et familìale sur des terrains fort limités. Dans ces communautés, chaque individu est assigné une charge, celle des agriculteurs étant de satisfaire la demande locale.
Ces communautés sont rares et cherchent à vivre dans l’autarcie, ce qui, dans la pratique, apparaît comme la condition au maintient stricte des traditions.
Cet idéal d’autarcie est très difficile à atteindre et les communautés se présentent donc comme une coopération entre ruraux qui développent l’économie locale et ont donc une agriculture spécifique.
Ainsi, l’unité paysanne, en opposition à l’entreprise agricole, ne peut être concue comme une unité isolée des autres. Plutôt, ces groupes d’agriculteurs semblent presque toujours former partie d’une association majeure d’unités, avec lesquels elles partagent une base territoriale commune, la collectivité locale, et qui consiste en " un groupe de familles qui fait partie d"une société majeure et qui vit en interaction et interdépendance permanente en vertu d’un système d’accords entre eux, relatifs à l"occupation et à l"utilisation productif d"un territoire déterminé et des ressources physiques contenues sur ce dernier, desquels ils extraient leurs moyens de vie ".
Il y a de nombreuses différences à remarquer entre l’agriculture menée par les communautés rurales et l’agriculture des entreprises :
Les différences sont donc très influents entre ces deux agricultures, et il est évident que les politiques de développement doivent être spécialisées, prenant en compte les caractéristiques de chacun, pour pouvoir amenenr à un développement durable.
Ces communautés sont mentionnées dans la Constitution de certains pays d’Amérique latine.
Ainsi, il est parfois énoncé que le gouvernement cherche à aider les paysans et les invite à participer dans les politiques de l’État afin de permettre une améliioration des conditions de vie de ces derniers. Par exemple, il est écrit dans la Constitution du Nicaragua :
Articulo 109.- El Estado promoverá la asociación voluntaria de los campesinos en cooperativas agrícolas, sin discriminación de sexo y de acuerdo con sus recursos facilitará los medios materiales necesarios para elevar su capacidad técnica y productiva, a fin de mejorar las condiciones de vida de los campesinos.
Articulo 111.- Los campesinos y demás sectores productivos tienen derecho de participar en la definición de las políticas de transformación agraria, por medio de sus propios organizaciones.
Autres Constitutions octroyeront reconnaissance et autonomie, ce dernier bien évidemment dans les bornes de la loi nationale. Cf. Le Pérou :
Artículo 89.- Las Comunidades Campesinas y las Nativas tienen existencia legal y son personas jurídicas.
Son autónomas en su organización, en el trabajo comunal y en el uso y la libre disposición de sus tierras, así como en lo económico y administrativo, dentro del marco que la ley establece. La propiedad de sus tierras es imprescriptible, salvo en el caso de abandono previsto en el artículo anterior.
El Estado respeta la identidad cultural de las Comunidades Campesinas y Nativas.
Artículo 149.- Las autoridades de las Comunidades Campesinas y Nativas, con el apoyo de las Rondas Campesinas, pueden ejercer las funciones jurisdiccionales dentro de su ámbito territorial de conformidad con el derecho consuetudinario, siempre que no violen de conformidad son el derecho consuetudinario, siempre que no violen los derechos fundamentales de la persona. La ley establece las formas de coordinación de dicha jurisdicción especial con los Juzgados de Paz y con las demás instancias del Poder Judicial.
D’autres gouvernements cherchent plutôt à pousser les communautés à participer dans le développement national. Cf. Le Panamá :
Artículo 120.- El Estado dará atención especial a las comunidades campesinas e indígenas con el fin de promover su participación económica, social y política en la vida nacional.
Mais il faut remarquer que certains gouvernements refusent de reconnaître la crise rurale qui persiste. Les communautés rurales sont oubliées ou ignorées par la classe riche qui détient le pouvoir car elles sont considérées comme des freins au développement et sont refusées par l’économie nationale.
Il est intéressant de noter que c’est en majorité les ONG qui mènent les politiques de développement rural.
Le développement agricole n’a pas été bien adapté aux besoins et potentiels des paysans. Ce désajustement est caractérisé par trois aspects :
Le scénario agriculturel indigène de nos jours nous présente une image curieusement déprimante. Un pays qui avait développé un vaste et riche système de connaissance agriculturelle se voit aujord’hui en train de regarder vers l’Ouest pour des solutions aux problèmes créés par les méthodes de cultivation chimique qui dominent de nos jours.
Les technologies intensives, employés pour stimuler la production agricole transformèrent les pays latino-américains en ces produits chimiques qui ont eu, pour une part importante, un grave impacte sur le milieu naturel. La consommationde fertilisants chimiques augmenta à un taux annuel de 13% entre 1950 et 1972. La consommation par hectare cultivée augmenta de 5,5 à 42,3 kg/ha entre 1949 et1973.
Entre 1980 et 1984 les pays latino-américains ont importé une quantité de pesticides équivalent à 430 millions de dollars. Cette utilisation massive de pesticide contribuya au développement d’une résistence aux pesticides de nombreux insectes et le dérèglement des équilibres écologiques naturels. En plus, les empoisonnements humains prosuits par les pesticides ont arrivé à des niveaux inacceptables dans de nombreux pays. Les tendances actuelles montrent que le coût du contrôle chimique des pestes en Amériqeu latine arrivera à 3,97 billions de dollars vers l’année 2000.
Les communautés rurales souffrent donc d’une paupérisation à cause de cette modernistion, soit à cause de leur exclusion des politiques de développement, soit au contraire à cause de leur insertion non-adaptée aux dynamiques du marché. La majorité des familles rurales vivent sous le seuil de pauvreté : 65% en Écuador, 675 en Colombie, 68% au Pérou et 73% à Haiti).
Un des éléments de la paupérisation des paysans est la perte de la terre. Ainsi, depuis 1950, la taille moyenne des exploitations familiales a diminué d’un taux annuel de 0,4%. À cause de ces pertes on cherche à trouver de nouvelles terres, souvent aux dépens d’une déforestaiton extensive de la forêt tropicale et subtropicale. De nos jours, les taux de déforestation de l’Amazonie arrivent à entre 1,5 et 2 millions de ha/an. En plus, l’utilisation excessif des sols contribue à leur érosion dans des pays comme la Colombie, le Chile et le Mexique, pays dans lesquels 30, 62 et 72% respectivement des terres agricoles présentent des niveaux d’érosion entre modérés et graves.
Beaucoup pensait que le problème rural pourrait se résoudre simplement, avec la disparition des communautés rurales.
Ainsi, la stratégie d’industrialisation basée sur la substitution d’importations (ISI) a transformé radicalement, en un peu plus de trente ans, un numéro significatif de sociétés rurales latino-américains en formations sociales urbano-industrielles. L’état a joué un rôle crutiel dans ce processus de transformation économique . En fait, les grands programes d’infrastructure furent financés par les ressorces publics afn de faciliter les communications et le commerce.
Mais le développement urbano-industriel comme " solution " au problème de la campagne n’est qu’une réalité éphémère. À l’impossibilité d’accueillir toute cette migration rurale il faut ajouter que, dans beaucoup de cas, cet exode rural prive la compagne de ses meilleurs éléments, et ces derniers, loin de pouvoir exploiter ce potentiel dans la ville, s’ajoutent au énorme contingent de travailleurs partiels avec des conditons de vie encore plus misérables que celles du pauvre paysan.
Les gouvernement mettent souvent en place des politique s de crédit agricole pour ainsi favoriser le développement. Mais ces crédits présentent les problèmes suivants qui empêchent le véritable développement :
Comme nous l’avons signalé auparavant, les politiques de développement rural sont majoritairement prises en charge par les ONG. Ces stratégies menées par les ONG datent du début des années 80 et sont basées sur cinq préoccupations principales :
La question de l’identité paysanne est un autre aspect qu’assument les politiques de développement rural en confrontant la pauvreté rural, et particulièrement en traitant avec les paysans indigènes. Dans ces communautés, les programmes de formation mettent l’emphase sur le développement d’une conscience social, d’une éducation politique et de l’identité ethnique du paysan. Même que les ONG diffèrent en leurs points de vue de cette ligne de travail, une caractéristique commune des ONG est la tentative de réveiller une volonté pour le changement social à l’intérieur de la communauté même.
Faveur d’observer le schéma : Figura 1: El enfoque agroecológico y etnológico para sistematizar, validar y aplicar el conocimiento agrícola tradicional en el desarrollo rural
À http://www.clades.org/r1-art3.htm
(on n’a pas réussit à le copier sur Words- excuses)
CONCLUSION
Comme on a pu observer, l´agriculture de l´Amérique Latine est une agriculture qui, malgré des facteurs d´évolution importants, tels que la réforme agraire ou son ouverture au marché mondial, reste très fortement marquée par ses traditions. Celles ci ont été présentes dans la production, la structure agraire et la communauté rurale.
Mais nous pouvons nous demander: est-ce que ce poids des traditions dans l´agriculture de l´Amérique Latine ne représente pas un obstacle pour son développement?