La question agraire au Pérou

 

Le Pérou est marqué par une grande différence au niveau social et économique. Pour résoudre ce problème , le gouvernement péruvien a fait le choix du libéralisme économique, de l’ouverture commerciale et du développement industriel. Dans ce contexte, l’agriculture a surtout été un instrument , parmi d’autres de conquête des marchés internationaux. Au Pérou, la résurgence des conflits agraires liés à l’inégale distribution des terres signale pourtant la permanence d’un grave malaise, malgré la mise en place d’une réforme agraire.

Comment expliquer la question agraire au Pérou ?

Par un monde agraire inégalitaire, le pays entreprend une réforme qui laissera un doute quant à sa réussite.

 

 

  1. Un monde agraire inégalitaire : le dualisme agraire

Au Pérou tout comme en Amérique Latine, la propriété de la terre se caractérise par la coexistence de latifundia immenses et de Minifundia minuscules.

 

    1. Une inégale répartition des terres : le dualisme agraire
    2. En effet, comme nous l’avons dit précédemment, le Pérou est marqué par cette opposition de grandes et petites propriétés.

      Mais qu’est ce que sont les latifundia et Minifundia ?

      è Les latifundia sont de grandes exploitations de plusieurs centaines d’hectares ; elles sont appelées Haciendas.

      è Les Minifundia sont, au contraire, des petites exploitations vivrières de quelques hectares.

      Les grandes exploitations sont très importantes et sont de deux types : il y a tout d’abord celles qui se consacrent à l’élevage, telles les Haciendas. Il est nécessaire de dire que ces Latifundia sont parfois plus grandes et plus vastes qu’un département français. Le second type serait les grandes plantations tropicales. L’activité agricole y est très forte et très intensive. En effet, les systèmes de production y sont plus modernes et l’exploitation est directement en relation avec les réseaux du commerce international. Les grandes plantations appartiennent majoritairement à des sociétés étrangères, surtout nord-américaine, grandes sociétés qui sont en mesure d’investir les capitaux nécessaires à leur fonctionnement.

      La main-d’œuvre employée dans ces exploitations capitalistes est en majorité constituée de salariés, d’ouvriers agricoles employés souvent à temps partiel. L’octroi provisoire d’un lopin de terre leur tient parfois lieu de rétribution.

      Les Latifundia, comme je l’ai dit, couvrent donc plusieurs centaines de milliers d’hectares. Ce sont donc de grands domaines, pourtant faiblement mis en valeur, où les rapports sociaux y sont encore archaïques. Le plus souvent, le propriétaire n’habite pas dans l’exploitation, sur place mais préfère résider en ville, c’est pourquoi les terres sont travaillées par des tenanciers, plutôt même des métayers. Malgré tout, le système économique de ces exploitations reste peu rentable car il obéit à une logique sociale où prévaut le paternalisme. Un énorme contraste se crée, en effet, la Latifundia se caractérise par la sous- exploitation de ses terres pourtant il subsiste la surexploitation des hommes, système de pouvoir autant que de propriété.

      "  La fonction économique de la terre passe alors au second plan derrière la fonction symbolique de matérialiser le lien social inégalitaire entre celui qui le possède et celui qui ne le possède pas. "

      Dans ces Latifundia, un contraste se crée : les grandes plantations s’opposent radicalement à cette pauvreté économique. Ces plantations, en effet, sont en prise directe avec les marchés internationaux, elles obtiennent ainsi, souvent de bons résultats économiques grâce aux techniques modernes de culture et une gestion capitaliste tournée vers la réalisation du profit.

      On constatera donc que le contraste entre les plantations et les Haciendas reste important.

      Face à ces grandes propriétés s’opposent les petites propriétés, appelées encore les Minifundia. Ce terme désigne ainsi des exploitations de moins de 5 hectares. On peut encore les nommer les Microfundia car certaines ne font pas plus de 1 hectare. Cette multitude de Minifundia apparaît comme un monde de pauvreté et de dépendance, car elles désignent des exploitations trop petites employant la force de travail d’une famille afin de la faire vivre décemment, pourtant elles n’assurent aucunement des conditions de vie et des salaires corrects à ses travailleurs. En effet, l’exiguïté de ces exploitations est telle qu’elles ne peuvent nourrir correctement une famille, même si celle-ci pratique manière intensive des cultures vivrières. Elle ne permet pas non plus au petit paysan d’y travailler à temps complet. Le sous-emploi de la main-d’œuvre, qui reste considérable, trouve là une de ses origines. Ainsi, au gaspillage des terres dans le Latifundia correspond celui de la main-d’œuvre dans les Minifundia. Enfin, nous remarquerons bien que ces Minifundia soient bien synonymes de pauvreté car les travailleurs afin de compléter leur revenu se voient obliger d’aller travailler dans les Latifundia voisins, auprès duquel ils sont souvent endettés par l’achat de matériel, d’engrais ou de semences.

      Le dualisme des structures agraires n’est pas cependant absolu car subsiste dans les Andes la propriété collective des communautés indiennes. Cet exemple nous montre un autre type d’occupation des sols, différent des Latifundia et des Minifundia. Les villages indiens possèdent toujours des terres en indivisions : les membres de chaque communauté ont l’usufruit de parcelles dont ils ne sont pas propriétaires à titre personnel.

      Ainsi, la répartition des terres au Pérou reste inégale, face à ce problème naît la pauvreté qui rend la vie des familles un enfer et quelque peu misérable.

      EN 1996, 1% des exploitations supérieurs à 100 hectares couvre 76 % de la surface cultivable ; 0.1% des exploitations sont supérieures à 1000 hectares et couvre 62% de la surface. De la même manière, 77% des exploitations sont inférieures à 5 hectares et couvrent 7% de la surface cultivable.

      On remarquera aussi qu’un autre problème se dégage, celui d’une croissance spatiale inégale.

       

    3. Une croissance spatiale inégale
    4. Le Pérou se compose de trois grandes régions : la région littorale, "la Costa ", fournit les produits agricoles exportables (sucre de canne, coton, …) et une part des produits alimentaires destinés au marché intérieur dans le cadre d’une culture de plantations irriguées par les cours d’eau des Andes. Elle s’oppose à la région andine, "la Sierra ", consacrée à une agriculture vivrière, où perdurent les archaïsmes des Latifundia et des Minifundia : la pression démographique y est considérable et les rendements faibles, de l’ordre de 6 à 12 quintaux à l’hectare pour le maïs et de 6 à 11 tonnes pour la pomme de terre. Enfin, la partie orientale, "la Selva ", est constituée du haut bassin e l’amazone où évoluent des fronts pionniers.

      Cette croissance, socialement et spatialement inégale, privilégie le profit à court terme aux dépens d’un véritable développement durable, comme l’illustre l’exemple des fronts pionniers.

      On remarquera que la part de l’agriculture du PIB est faible, elle représente 7%. Pour une importation de 2.3 tonnes.

       

    5. De grandes injustices sociales

La diffusion de l’innovation agricole s’accompagne de bouleversements sociaux. Le paternalisme, que les propriétaires entretenaient avec les tenanciers pour les dominer, laisse la place au salariat. Cette gestion moderne de la main-d’œuvre, qui donne au travailleur une plus grande liberté, signifie aussi expulsion du domaine et précarité de l’emploi. En effet, plutôt que d’avoir en permanence des familles sur leurs terres, les entreprises modernes qui s’équipent de machines préfèrent recruter saisonniers et journaliers selon les besoins du moment.

En bien des lieux, les travailleurs ruraux luttent contre les effets de cette modernisation qui expulse ainsi les hommes de la campagne.

Cette crise des campagnes latino-américaines se répercute en milieu urbain Le milieu rural voit se diffuser une logique économique et sociale commandée largement par les secteurs non agricoles, ce qui accentue l’exode rural et fait de beaucoup de salariés agricoles des citadins. En effet, beaucoup de travailleurs agricoles, réduits à l’état de journaliers, s’installent dans les périphéries des villes petites et moyennes de façon à rester assez près du milieu rural où ils travaillent lors des récoltes, et assez près aussi des possibilités qu’offre le milieu urbain dans les petits métiers du secteur tertiaire.

D’autre part, et surtout dans les grandes agglomérations, arrivent de nombreux ruraux déracinés qui s’intègrent non sans mal dans le cadre urbain. On nomme souvent "quartiers d’invasion " les bidonvilles où ils s’entassent autour des grandes villes. La modernisation conservatrice de l’agriculture transfère en ville les problèmes sociaux qu’elle provoque à la campagne.

On constatera que dans l’agglomération de Lima, 39.7% des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté et qu’au niveau national, 49% des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté, en 1996.

De plus, il est essentiel de remarquer qu’encore, dans l’agglomération de Lima, 4.8% des habitants vivent dans une extrême pauvreté, et au niveau national, 16.6% des habitants vivent dans une extrême pauvreté, en 1996.

En effet, sur dix ans, nous ne constaterons pas de baisse significative de la pauvreté, ni même de l’extrême pauvreté, car ils se maintiennent ou augmentent légèrement. De plus la pauvreté est plus accentuée dans la région des Andes qui compte 65.3 % de ses habitants vivant en dessous du seuil de pauvreté en 1996. Dont 3604 vivant dans une extrême pauvreté, fa ce à la capitale Lima.

  1. La réforme agraire, un espoir décu

Expliquons d’abord ce qu’est la réforme agraire : c’est un ensemble de décisions qui vise à modifier les formes juridiques, et en général, les dimensions des propriétés pour améliorer ou accroître la production tout en transformant dans un sens plus égalitaire les rapports sociaux. On réduit souvent le terme au sens de "partage des terres " sans considérer tous les autres aspects (accompagnements techniques et financiers).

 

    1. Les objectifs de la réforme

L’objectif est d’abord social et économique.

La réforme agraire connaît son âge d’or au moment où l’industrialisation par substitution d’importations s’essouffle. Cette stratégie de développement visait à ce que l’industrie nationale produise, à l’abri de barrières douanières, des biens manufacturés jusqu’alors importés. Mais il semble que ce processus d’industrialisation est tombé en panne, pour faute d’un marché solvable suffisant, surgit donc ne crise industrielle.

C’est pourquoi la réforme agraire tend alors à relancer l’industrialisation de deux façons :

è en donnant des terres aux minifundistes et aux paysans sans terres, elle vise, par l’augmentation du revenu des agriculteurs, à élargir le marché intérieur en faisant de ces derniers des consommateurs de biens manufacturés ;

Ø à cette relance par la demande s’ajouterait une relance par l’offre : les pouvoirs publics escomptent que les latifundiaires, avec les indemnités reçus, reconvertissent leurs capitaux dans l’industrie. La réforme est donc censée jouer un rôle de levier pour l’ensemble de l’économie.

è Enfin, la réforme agraire permettrait de ralentir l’exode rural, leurs bénéfices étant davantage attachés à une terre une fois devenu propriétaire.

Enfin, l’objectif est politique.

De 1915 à la fin des années 50, le principal objectif étant de mettre fin à la domination des grands propriétaires fonciers, car le système de propriété du latifundia est un obstacle majeur au développement de la démocratie politique, du fait des liens de clientélisme entre grands propriétaires et paysans. Ainsi, la réforme agraire repose sur l’alliance entre des masses paysannes et la bourgeoisie moderniste des villes. Elle vise à faire des paysans des citoyens à part entière. Le thème est progressiste, réformiste.

Dans les années 60, on assiste à une radicalisation sous l’influence de la révolution cubaine qui conduit à une confiscation des terres sans indemnités. En réaction à l’expérience castriste, le thème de "la réforme agraire est repris par les gouvernements alliés des Etats-Unis . Ceux-ci, à partir de la conférence de l’Organisation des Etats américains de Punta del Este, 1960, font pression sur ses Etats membres pour qu’ils en réalisent. L’objectif est ainsi d’éviter, en désamorçant le mécontentement de nombreux paysans, la propagation sur le continent de la révolution castriste.

 

B) Les étapes de la réforme agraire péruvienne

"  En 1964, les autorités veulent moderniser sans faire courir aucun risque à l’agriculture exportatrice, vitale pour l’économie péruvienne. Aussi, sur la côte, les entreprises plus vastes, mais reconnues efficaces et respectueuses des lois sociales échappaient-elles à l’expropriation. Dans la montagne andine, en revanche, les seuils d’expropriations devaient permettre de s’attaquer au Latifundia traditionnel, précisément parce qu’il ne produit pas assez. Enfin, pour encourager l’initiative sur les fronts pionniers de la forêt amazonienne, il n’y était pas prévu d’expropriation sous réserve qu’une proportion suffisante des terres appropriées soient effectivement mise en culture.

En 1969, l’objectif était plus audacieux et surtout beaucoup plus radical sur le plan politique : renverser l ’assise du pouvoir détenu par les grands propriétaires, fussent-ils modernes dans la gestion de leur entreprise. Les plantations du littoral furent transformées en entreprises théoriquement autogérées par les travailleurs sous le contrôle de l’Etat. "

Les grandes étapes de la réforme agraire :

è 1964 : la surface autorisée de propriété est fixée à 150 hectares, sauf en Amazonie et pour les exploitations reconnues efficaces du littoral.

è 1969 : la limite des 150 hectares s’applique aux exploitations du littoral qui passent sous le contrôle de coopératives.

5.8 millions d’hectares sont expropriés entre 1969 et 1974.

è 1980 : la privatisation et la division des exploitations coopératives sont autorisée.

è 1991 : les sociétés anonymes peuvent devenir propriétaires de terres.

 

Ainsi, La réforme agraire entamée en 1964, se radicalise à partir de 1969. La révolution cubaine a accéléré les choses, et le cours de cette réforme. Un combat contre le socialisme prend naissance et le Pérou va se voir confronter à d’énormes problèmes politiques, sociales et économiques. La réforme agraire laisse des doutes quant à sa réussite.

 

  1. Des résultats décevants

" Les inégalités foncières ne sont pas supprimées alors que la réforme agraire est progressivement abandonnée "

    1. Un bilan médiocre pour tant d’idéalisme
    2. Cette réforme agraire n’a pourtant pas effacé les inégalités. En effet, Par une distribution insuffisante des terres, les paysans restent les plus pauvres du pays. 68% de la population totale vit sous le seuil de pauvreté, soit une pauvreté encore plus importante qu’avant. Comme nous l’avons dit précédemment, la réforme entre 1969 et 1979 avait été "radicale ", seulement 26% des paysans ont pu bénéficier des 8 millions d’hectares expropriés. De nombreuses populations se sont vues exclus de ce système : 300 000 familles indiennes, 350 000 minifundiaires et environ 500 000 paysans.

      Autre explication de cette pauvreté qui apparemment ne cesse de croître : le Pérou a connu une croissance démographique importante d’où, un nombre important de paysans sans terre.

      Ce résultat médiocre de la réforme agraire amènera donc Le gouvernement a arrêté progressivement sa réforme. Une certaine médiocrité s’est donc fait sentir lors des résultats, assez faible, pour l’amélioration de la production, l’Etat décide donc de remettre à plus tard cette question du partage des terres, et se désengage progressivement de cette question agraire. De plus, dans les années 80, un vent de libéralisme n’épargne pas le Pérou qui avec sa loi "de promotion et de développement agricole " (1980), autorise la privatisation des domaines issus de la réforme de 1969 et s’engage dans un nouveau morcellement foncier, les paysans des coopératives reçoivent des lots de 2 à 4 hectares de terres irriguées.

      De plus un autre problème fait surface : un exode rurale massif. Malgré un bilan médiocre de la réforme agraire, quelques aspects positifs se font sentir, tel la modernisation de l’agriculture . En effet, on constatera une modernisation des systèmes de production et on remarquera aussi une participation du Pérou au sein du commerce mondiale, car le Pérou est membre de l’APEC depuis maintenant 1989. Mais par ce progrès, le coût social se fait plus élevé, c’est pourquoi de nombreux paysans vont se voir obliger de quitter les campagnes pour aller retrouver les " bidonvilles ". D’où un exode rural important car la principale destination est la ville où tous espèrent trouver du travail et de meilleurs conditions de vie. La question agraire devient donc moins importante et passerait plus au second plan car la société péruvienne serait plus de nos jours urbaines que rurale. De nombreux problèmes sociaux prennent donc naissance dans les villes.

      On pensait que la réforme agraire serait un moteur du décollage social et économique, en définitive, elle n’a pas fait la preuve de son efficacité.

       

    3. La persistance des problèmes

Le Pérou doit faire face à de nouvelles dépendances. En effet, il doit participer au marché mondiale afin de faire survivre son pays tout autant que sa population. Pourtant, on remarquera qu’il y participe que très peu ou du moins détient seulement quelques exploitations tournées vers l’exportation. Le Pérou dépend énormément du marché mondial qui doit faire la richesse de son pays.

De plus, de part ces problèmes sociaux créés par la réforme agraire, de nombreuses guérillas vont naître qui sont souvent liées avec des narco-trafiquants du Sentier lumineux. Mais qu’est-ce –qu’est le sentier lumineux ? Le Sentier Lumineux est le plus important des deux groupes révolutionnaires péruviens et une des plus impitoyables organisations de guérilleros au monde. Constitué à la fin des années 60 par le professeur Abinmaël Guzman, avec pour objectif avoué la destruction des institutions péruviennes existantes et leur remplacement par un régime révolutionnaire paysan. Veut aussi débarrasser le Pérou des influences étrangères. La capture de Guzman en septembre 1992, l’arrestation d’autres chefs du Sentier Lumineux en 1995 et le programme d’amnistie du président Fujimori en faveur des guérilleros repentis ont affaibli le mouvement. Ainsi le Sentier lumneux est un groupe constitué d’opposants, d’inspiration marxiste, se révoltants contre leurs conditions, leurs pauvretés et tout aussi bien contre leur gouvernement qu’il désire renverser. Leurs objectifs sont très simples : Organiser une "lutte armée paysanne" pour renverser le gouvernement actuel et installer un régime gauchiste et un État ethnique indien pour l’an 2000. Attaquer les États-Unis et autres cibles "impérialistes" dans un effort pour éliminer l’influence étrangère au Pérou, embarrasser le gouvernement péruvien et le forcer à prendre des mesures répressives. Le Sentier Lumineux a aussi attaqué des cibles soviétiques et chinoises.

Ainsi, le Sentier Lumineux est organisé pour mener simultanément un terrorisme urbain et des opérations rurales de guérilleros et embrasse une révolution rurale et paysanne, son commandement vient de cercle d’intellectuels radicaux de classe moyenne. Les dirigeants, cependant, sont très adroits à maintenir l’image du "mouvement du peuple", ceci rehausse donc la capacité du groupe à attirer du support dans les régions rurales.

Enfin, face à leur pauvreté de nombreuses familles se voient obliger de cultiver la coca afin de s’enrichir. En effet, la demande de cocaïne a explosé aux Etats-Unis à la in des années 1980, environ 6 millions de consommateurs. Face à cette demande , le Pérou a du augmenter ses surfaces de culture à environ 200000 milliers d’hectares.

La culture de la coca est pratiquée par des dizaines de milliers de familles indiennes, elle fournit des revenus bien supérieurs à d’autres productions. Cela entraîne la diminution, voire l’abandon des cultures vivrières traditionnelles et perturbe par la même occasion non seulement les systèmes agraires traditionnels mais aussi déstabilise totalement l’organisation de la société.

De son usage pharmaceutique, elle a été utilisée comme drogue. Des aires de production clandestines se sont créées. Elles sont contrôlées par des mafias de trafiquants. L’ensemble du trafic a généré plus d’un millions d’emplois. La cocaïne est donc la carte principale de ce pays.

 

La réforme agraire a eu un impact très important sur l’économie péruvienne, en effet, lorsque certains s’enrichissent, d’autres s’appauvrissent. De nombreuses guérillas vont commencer dénonçant un gouvernement peu compétent et non désiré. Afin de mettre fin à leur pauvreté, les indiens vont commencer à se lancer dans un commerce illicite qui les enrichira que plus facilement.

 

Ainsi, la question agraire reste un sujet ambigu. En effet, le bilan de la réforme agraire au Pérou est mitigé, les petits paysans continuent à être des laissés-pour-compte, l’injustice dans les campagnes perdure et les conflits de terres engendrent la violence. La création du Sentier Lumineux est le reflet du mal que connaît le pays. Et la culture de la coca n’est que la confirmation.

La drogue, la pauvreté et la violence (attentats) sont devenus les principaux problèmes à résoudre de ce pays.