L’Allemagne en Europe
et dans le monde
Introduction
En 1990, après la chute du mur de Berlin, la RFA et la RDA sont rassemblées en un seul État de 356980 km² et de 82 millions d’habitants. Située au cœur de l’Europe, l’Allemagne occupe une place privilégiée. Proche des anciens États de l’Est, traversée par des grands fleuves internationaux, ouverte sur la Baltique et la mer du Nord, elle est à même de capter les échanges Est-Ouest. La réunification bouleverse les anciennes données économiques et géopolitiques de cet espace : l’Allemagne doit gérer la réorganisation de son territoire tout en consolidant sa puissance. Nous étudierons d’abord la puissance économique allemande au niveau mondial, puis la place et le rôle de l’Allemagne en Europe avant de présenter les défis intérieurs auxquels se trouve confrontée l’Allemagne réunifiée.
I. La troisième puissance économique mondiale
L’Allemagne est la troisième puissance économique mondiale, derrière les Etats-Unis et le Japon. La puissance économique de l’Allemagne est le produit de son dynamisme industriel, commercial et financier.
A. Une puissance industrielle
L’industrie fournit 39 % du PIB allemand et emploie 40 % de la population active. Parmi les pays développés, l’Allemagne est celui où la part de la population active travaillant dans le secteur secondaire est la plus élevée (d’ailleurs, la réunification a temporairement élevé ce taux ; d’autre part, si l’on considère que les groupes industriels allemands conservent dans leurs structures des emplois tertiaires, comme par exemple des départements juridiques, le pourcentage de la population active ayant effectivement une activité industrielle tomberait aux alentours de 20%).
Les points forts traditionnels de l’industrie allemande sont les biens d’équipement, l’électronique, la chimie et la construction mécanique : l’Allemagne est aujourd’hui le premier exportateur mondial de produits chimiques. Elle occupe le troisième rang mondial pour les productions d’automobiles (premier producteur en Europe, troisième au monde derrière les Etats-Unis et le Japon ; l’Allemagne exporte près de 60% de sa production) et de médicaments (depuis le début du siècle pour ce dernier domaine : c’est en Allemagne qu’est découverte l’aspirine en 1899).
Il existe cependant des branches en déclin (le textile s’est complètement effondré dès la fin des années 1970). Dans une moindre mesure, le pays n’a pu conserver sa première place dans le domaine de la machine-outil, bien que cette activité occupe la première place dans le nombre d’actifs industriels (cette régression est due à la concurrence du Japon, qui fabrique des produits moins coûteux et qui envahit le marché européen et américain). On peut également évoquer la crise de la sidérurgie et les difficultés de l’industrie navale, concurrencée par les pays asiatiques. Dans ce dernier domaine, la réunification a entraîné de brutales restructurations dans les chantiers de l’Est (moins de 10 000 emplois subsistent aujourd’hui).
Chaque branche est dominée par des Konzerns : Siemens (électronique, matériel électrique, plus de 370 000 employés), Daimler-Benz (automobile, aéronautique, plus de 310 000 employés), BASF (chimie, pharmacie, plus de 100 000 employés), Volkswagen (première firme allemande par son chiffre d’affaires : plus de 100 000 milliards de DM), Thyssen (sidérurgie, métallurgie), Bosch (électronique)...
A l’étranger, on connaît surtout ces grands groupes. Mais un tissu dense de PME dynamiques (le " Mittelstand ") assure la moitié de la production industrielle et représente 60 % des emplois du secteur. L’Allemagne possède plus de 13 000 PME (entre 100 et 1 000 employés).
L’efficacité de l’industrie allemande repose sur une ancienne et solide tradition de capitalisme productif, un secteur Recherche-Développement performant et une formation professionnelle de qualité. Cependant, on peut nuancer : le coût du travail, plus fort que dans la plupart des autres pays européens est un frein à la compétitivité de l’économie allemande.
D’autre part, une part croissante de la production est délocalisée : par exemple, un véhicule sur trois est fabriqué à l’étranger (Etats-Unis, Brésil et Asie du Sud-Est, pays de l’Est). Ainsi, Volkswagen a installé des usines près de Poznan, en Pologne, qui produisent 250 véhicules par jour à destination de la Russie, de l’Ukraine et du marché allemand.
Au total, l’industrie joue un rôle moteur dans l’économie allemande.
B. Une puissance commerciale
Un tiers de la population active travaille pour l’exportation. Les exportations allemandes représentent 10% du commerce mondial.
Avec 11 % des échanges mondiaux, l’Allemagne est la deuxième puissance exportatrice. En 1995, les exportations représentaient 22 % du PIB allemand. Ces exportations sont presque essentiellement réalisées par les firmes ouest-allemandes (elles ont acheté les entreprises de l’ex-RDA, ce qui fait que la part des nouveaux Länder dans les exportations est à peu près nulle).
L’étude de la composition des exportations montre la part écrasante des produits manufacturés. Elles sont principalement constituées par les biens d’équipement (machines et véhicules représentent près de la moitié des exportations) et les produits chimiques (13,5%). Un quart des machines vendues dans le monde est fabriqué en Allemagne. La nature des exportations révèle bien le développement de l’économie allemande.
L’Allemagne est déficitaire pour certains biens de consommation (confection et quelques produits finis), ainsi que pour la production agro-alimentaire et les matières premières énergétiques et minérales (l’Allemagne en possède peu).
La répartition des exportations allemandes privilégie les pays développés (en effet, l’Allemagne exporte principalement des produits manufacturés à forte valeur ajoutée). Parmi les partenaires commerciaux, l’Union européenne occupe la première place (7 pays de l’UE sur les dix premiers partenaires de l’Allemagne). La France est le principal client et fournisseur de l’Allemagne. Viennent ensuite l’Italie, les Pays-Bas et les Etats-Unis, puis le Royaume-Uni (le Japon est 9e). Les échanges avec l’Asie ont été multipliés par deux mais ils restent faibles. Ils se développent par ailleurs avec les pays d’Europe centrale et orientale. Seuls 2 % des échanges sont réalisés avec l ’Afrique.
La balance commerciale présente un solde positif depuis de nombreuses années. Elle illustre la compétitivité des produits allemands. Cependant l’excédent s’est réduit entre 1989 et 1991, l’équilibre est de plus en plus difficile à maintenir en raison d’une forte demande intérieure de la part de l’ex-RDA. Pourtant, l’excédent commercial augmente à nouveau depuis 1992 (plus de 90 milliards de DM en 1996.
Le commerce extérieur est déséquilibré au profit des pays industrialisés développés.
C. Une puissance financière
Le Deutschmark et le dynamisme économique sont les supports de la puissance financière allemande.
Le Deutschmark est l’une des monnaies les plus fortes du monde. Il est la deuxième monnaie de réserve (15% des réserves des pays industrialisés) et de change après le dollar. 20% des transactions commerciales dans le monde se font dans cette monnaie. Il est également la monnaie de référence du Système Monétaire Européen. Enfin, la Russie et les pays de l’Est utilisent de plus en plus le DM pour leurs échanges et s’endettent auprès des banques allemandes. Cela explique pourquoi beaucoup d’Allemands acceptent mal la disparition du DM dans le cadre de la monnaie unique européenne.
Francfort, capitale financière de l’Allemagne, est une place boursière internationale. Elle est également le siège de la banque fédérale, la Bundesbank : celle-ci veille sur la stabilité du mark et ses décisions ont une influence internationale. " Tous les Allemands ne croient pas en Dieu, mais tous croient à la Bundesbank " (Jacques Delors, 1992). Les décisions de la " Buba " en matière de construction européenne se sont imposées aux autres banques (choix de Francfort pour la banque européenne d’émission de la monnaie, choix de l’Euro à la place de l’Ecu, critères d’admission à la nouvelle monnaie, sans compter des mesures particulières ressemblant fort à du protectionnisme, comme par exemple cette loi sur la "pureté de la bière ").
L’Allemagne est la deuxième puissance pour les exportations nettes de capitaux. Les investissements directs et indirects de l’Allemagne représentent plus de 350 milliards de DM par an. Les investissements directs allemands à l’étranger se dirigent pour la moitié vers l’Europe de l’Ouest. Mais les grandes firmes s’implantent également au Brésil, au Mexique, aux États-Unis.
L’Allemagne est la quatrième place financière du monde.
En 1945, l’Allemagne était ruinée par la guerre et la défaite. Elle est devenue un géant économique dont le dynamisme ne cesse d’étonner ; mais son rôle diplomatique est encore faible.
II. Un état central en Europe
Par son histoire, son poids économique et humain, l’Allemagne joue un rôle prépondérant dans la construction européenne et dans l’ouverture vers l’Est.
A. La présence allemande en Europe
Le fait germanique est une réalité importante en Europe.
Avec 82 millions d’habitants, l’Allemagne est le pays le plus peuplé d’Europe. Le territoire est densément peuplé (229 hab./km) et urbanisé (90% de citadins). Il est au coeur de la mégalopole européenne. Il compte également plusieurs métropoles importantes au niveau européen : Hambourg (port de commerce international), Munich (centre européen dans le domaine de l’assurance), Francfort (place financière majeure).
Le territoire de l’Allemagne fut de tous temps à géométrie variable. Il connut son extension maximale en 1942 alors qu’il s’étirait de l’Alsace-Lorraine à la frontière de l’URSS, englobant l’Autriche, la Bohème et la Pologne. En 1945, ses frontières orientales sont ramenées sur la ligne Oder-Neisse.
La communauté germanophone représente 100 millions de personnes. L’allemand est la seconde langue enseignée en Europe et devient la langue internationale des pays slaves. D’autre part, l’Allemagne entretient de nombreux Goethe-Institute dans plusieurs pays, favorisant ainsi la diffusion de la culture allemande.
Aujourd’hui, les 3758 km de frontières de l’Allemagne sont un lieu privilégié d’échanges avec neuf pays d’Europe.
B. Un espace au cœur de l’Europe.
L’Allemagne partage plus de 3 700 km de frontières avec 9 voisins européens. Le pays occupe une position centrale dans les interconnexions de communications européennes.
L’axe fluvial rhéno-danubien est appelé à devenir un axe structurant important. L’ouverture d’une jonction Rhin-Main-Danube permet depuis 1992 de relier la mer Noire à la mer du Nord.
Le pays est ouvert sur deux façades maritimes (mer du Nord et Baltique). Il dispose de 13 aéroports internationaux : 30 millions de passagers transitent par le hub de Francfort chaque année.
Par ailleurs, l’Allemagne est au centre d’un réseau d’oléoducs amenant des hydrocarbures de toute l’Europe vers les raffineries de la Ruhr et de la Saxe.
L’Allemagne joue un rôle pivot dans l’organisation de l’espace européen. Certains voisins s’inquiètent de cette puissance et soupçonnent le pays de vouloir former une " Mitteleuropa " dominatrice.
C. Ancrage à l’Ouest et ouverture vers l’Est
L’Allemagne est un pilier essentiel de la construction européenne et un partenaire privilégié des pays d’Europe centrale et orientale.
Le chancelier Konrad Adenauer fut l’un des pères fondateurs de la Communauté européenne. Helmut Schmidt fut l’un des initiateurs du Système Monétaire Européen créé en 1979. Aujourd’hui, Helmut Kohl est un acteur majeur dans la réalisation de l’union monétaire et politique de l’Europe. L’Allemagne finance 29 % du budget européen dont elle est le premier contributeur (à titre de comparaison, la contribution de la France est de 17,5% seulement). Elle dispose du plus grand nombre de députés au Parlement européen.
Les liens de l’ex-RDA avec les anciens pays socialistes ont contribué à la pénétration allemande sur les marchés de l’Est. L’Allemagne est le premier créancier des pays d’Europe centrale et orientale (PECO). Les investissements y sont importants. Les firmes industrielles allemandes voient dans les PECO un marché d’avenir. Les délocalisations sont également suscitées par des coûts salariaux plus bas dans ces pays.
Par ailleurs, l’Allemagne soutien la demande d’adhésion des PECO à l’Union européenne et à l’OTAN. La diplomatie allemande voit dans la réalisation de ces projets la possibilité de créer une zone de stabilité politique et économique à l’Est.
Enfin, les Etats-Unis demeurent un partenaire privilégié pour l’Allemagne (la RFA doit en grande partie son redémarrage économique à l’aide Marshall, à partir de 1947). Par exemple, l’appui des Américain a joué un rôle important dans le processus qui a conduit à la réunification (le président Bush a proposé au chancelier Kohl un " partnership in leadership " en 1989). Depuis la réunification, les liens entre la diplomatie américaine et la diplomatie allemande n’ont fait que se renforcer.
L’Allemagne se pose en tant que principal interlocuteur des pays d’Europe centrale et orientale. Elle aspire à jouer un rôle politique au niveau international (troisième contributeur au budget de l’ONU, l’Allemagne a demandé un siège de membre permanent au Conseil de sécurité).
L’Allemagne assume le rôle de moteur économique de l’Europe. Elle apparaît comme un État charnière entre l’Union européenne et les anciens pays de l’Est.
III. Les défis de l’Allemagne réunifiée
L’intégration des cinq Länder de l’ex-RDA constitue le défi majeur de la réunification allemande. L’union des " deux Allemagnes " entraîne des mutations considérables.
A. L’union politique, économique et monétaire
Le 18 mai 1990 est signé le "Traité d’État sur la création d’une union monétaire, économique et sociale ".
Avec l’accord des Alliés, la réunification politique est réalisée le 3 octobre 1990. Les cinq Länder de RDA sont rattachés à la RFA. Le Mark devient monnaie commune dans une zone monétaire unifiée. Berlin devient capitale de la nouvelle Allemagne.
En 1990, les nouveaux Länder ne représentent que 20 % de la population allemande et moins de 10 % du PNB. Les infrastructure de productions sont vétustes, voire obsolètes, le réseau des communications est délabré. L’environnement est sinistré. Un auteur a présenté l’Allemagne comme une entreprise, et la réunification comme " une OPA peu amicale " : " A la place du rideau de fer et du mur, un fossé d’incompréhension sépare pour longtemps ceux de l’Est et ceux de l’Ouest, Ossies dépossédés de leur identité et Wessis inquiets de leurs impôts (…) " (Pierre Riquet).
En 1993, la signature du Pacte de solidarité doit permettre de surmonter les difficultés du redressement des nouveaux Länder : il s’agit de garantir les aides aux investissements à l’Est, d’y encourager l’implantation d’entreprises et d’y sauvegarder des noyaux industriels durs. Cette perfusion financière représente 5 % du PNB allemand par an. Certaines applications de cette politique conduisent d’ailleurs à des paradoxes : ainsi, la vétusté des infrastructures de l’ancienne RDA était frappante, mais aujourd’hui, les nouveaux Länder disposent parfois d’équipements plus modernes que ceux de l’Ouest (par exemple, le réseau téléphonique).
La réunification, effectuée rapidement, rassemble deux système économiques différents et souffre d’un problème de transition.
B. Les mutations de la société allemande
Problèmes démographiques et sociaux marquent la société allemande actuelle.
Depuis 1950, la natalité n’a cessé de chuter dans les deux parties de l ’Allemagne. Depuis 1970 la croissance démographique allemande est globalement négative. Le taux de fécondité est le plus bas du monde (1,3 enfants par femme). Le vieillissement de la population est important : 15 % de la population a plus de 60 ans. On est surpris de constater que la réunification a entraîné une chute brutale du taux de natalité à l’Est. Aujourd’hui , la population allemande ne s’accroît plus que grâce à l’apport migratoire.
L’Allemagne a été un pays d’immigration de travailleurs en provenance des pays méditerranéens. Dans les années 60, et surtout à partir de la construction du mur de Berlin en 1961, l’industrie ouest allemande a besoin d’ouvriers : Italie, Espagne, Grèce, puis surtout Yougoslavie et Turquie (un quart des entrées) sont à l’origine de cette immigration. On compte 2,3 millions d’étrangers en 1972. Mais la crise de 1973 entraîne, comme dans d’autres pays européens, l’arrêt de l’immigration en Allemagne. Les mesures d’aide au retour sont inefficaces (600 000 retours) et la politique de regroupement familial porte le nombre d’étrangers à 5 millions et demi au moment de la réunification.
(Note : les étrangers sont appelés Gastarbeiter – travailleur invité – puis ausländische Mitbürger – concitoyen étranger -, ce qui ne signifie pas que leur intégration est aisée.
Depuis 1989, la disparition de la frontière interallemande a entraîné un afflux de populations venant des anciens pays communistes. Aujourd’hui, les Länder occidentaux ont des soldes migratoires et naturels positifs, ceux de l’ex-RDA se dépeuplent par émigration et dénatalité.
Actuellement, une personne sur trois est déracinée ou mal intégrée dans la société. Les habitants de l’Ouest affichent du mépris pour ceux de l’Est qu’ils qualifient d’assistés. Il existe une coupure sociale entre l’Est et l’Ouest.
D’autre part, l’Allemagne connaît depuis les années 1980 des phénomènes d’exclusion (un auteur évoque " la société des deux tiers ", comprenant un tiers de personnes exclues ou fragilisées). Le chômage s’est accru, particulièrement à l’est (16%). On compte un million de personnes sans domicile ou dont l’habitat est précaire, 1,5 millions de ménages surendettés et 10 millions de pauvres (20% d’entre eux sont des personnes âgées à la retraite). Les personnes les plus frappées par la pauvreté sont celles qui élèvent seules un ou plusieurs enfants, les familles nombreuses, les personnes isolées (en particulier les retraités) et les sans-emplois. Cette pauvreté frappe principalement l’Est du pays : par exemple, le PIB par habitant du Mecklembourg, le Land le moins riche, est de 22 000 DM par an et par habitant, contre 79 000 pour Hambourg.
A cela s’ajoute les violences xénophobes et racistes envers les immigrés non allemands (exemple : les graves incidents de Rostock en 1992, qui ont donné le signal d’une succession de violences contre les foyers d’immigrés. Ces violences ont entraîné de grandes manifestations de protestation dans le pays). D’autre part, les sondages montrent qu’une grande majorité d’Allemands est favorable à un durcissement des conditions d’accueil des étrangers.
La réunification a mis en lumière les réalités d’une société fragmentée. Selon certains rapports, cette situation pourrait remettre en cause la stabilité sociale du pays.
C. La nouvelle donne régionale
Le territoire allemand est en cours de rééquilibrage. Les autorités ont conscience de l’opposition Est/Ouest, de l’existence de régions économiquement faibles, ou du contraste entre zones de basses et de fortes densité de population.
Avant la réunification, le territoire était organisé selon deux axes méridiens : la RFA s’appuyait sur l’axe Rhin-Ruhr, véritable épine dorsale, structuré par des métropoles régionales actives (Stuttgart, Francfort, Dortmund) ; la RDA se polarisait autour de Berlin et de la Saxe.
Aujourd’hui, l’Allemagne rhénane, vieille région industrielle, est le centre dynamique. Fortement urbanisée, elle est dotée d’un réseau de communication dense et complet ; c’est une région attractive aux activités diversifiées à haute valeur ajoutée. Cependant, les régions d’industrialisation ancienne sont confrontées à des problèmes de reconversion (principalement la Ruhr, la Sarre, Brême…).
L’Allemagne du sud est bien intégrée, elle fait preuve d’un dynamisme récent mais intense symbolisé par la capitale des technologies de pointe, Munich.
Au total, la " colonne vertébrale " du territoire est constituée par l’axe Münich-Düsseldorf, via Stuttgart et Francfort.
La région Saxe-Thuringe est sinistrée : elle bénéficie d’importants transferts financiers, sa reconversion doit s’appuyer sur sa tradition industrielle, son réseau urbain et sa position géographique au contact des pays d’Europe centrale. Le Nord connaît une croissance lente, les espaces agricoles de l’ex-RDA y sont en crise. L’aménagement du territoire dans ces régions passe par trois priorités : le développement d’infrastructures (en particulier les connexions avec l’Ouest), l’habitat et l’environnement. Les autorités comptent sur les villes pour lancer une dynamique de développement régional.
Berlin, capitale excentrée, bénéficie de sa situation au cœur de l’Europe centrale et pourrait être la locomotive du rééquilibrage du territoire vers l’Est.
L’espace allemand est fortement occupé et structuré. Cependant, les nouvelles dynamiques issues de la réunification entraînent une recomposition de la société et du territoire.
Puissance économique de premier plan, l’Allemagne est un pays original né de l’unification de deux États qui se tournaient le dos depuis 1949. Bien que sa structure fédérale laisse une grande autonomie aux Länder, l’appartenance linguistique et culturelle est un facteur important d’unité. Cependant, la réunification s’est traduite par une fragmentation du territoire en ensembles régionaux d’inégale puissance. Les difficultés intérieures entraînent une remise en question du modèle allemand.