la société états-uniennes
Introduction
275 millions d'habitants = 3ème population au monde, loin derrière la Chine et l'Inde, mais devant la Russie. = potentiel humain important. Cette population nombreuse est le résultat d'une croissance démographique exceptionnelle, à l'apport de l'immigration. Volonté de maîtriser l'espace ; creuset de l'immigration (évolution de la notion de "melting pot") ; goût de la mobilité. Aujourd'hui, la croissance s'est ralentie, mais la crise urbaine fait apparaître les limites du melting pot, et l'inégal dynamisme des classes sociales.
I Le "melting pot" et les contrastes démographiques
Introduction
Les Etats-Unis comptent près de 260 millions d'habitants. La pop croît au rythme de 1% par an, ce qui est supérieur au reste des PID. Cette augmentation se décompose en croît naturel (0,7%) et immigration (0,3%).
A Une population d'immigrants
- forte immigration jusqu'en 1920 : Anglo-Saxons (WASP), descendant des colons britanniques, scandinaves, allemands ; c'est eux qui ont imposé la langue anglaise et forment le groupe dominant de la société US avec 62% de la population... puis Européens du Sud et de l'Est.
- quotas dans les années 20 / reprise de l'immigration après 1945. A partir de 1965, quotas.
- dans les années 80, l'immigration explose : en dix ans, les E-U accueillent près de 7 millions d'immigrants légaux et de 4 à 7 millions de clandestins = en 1986, Immigration Reform and Control Act : quota général diminué (425 000), régularisation de la situation des clandestins, immigration clandestine plus sévèrement réprimée (employeurs en particulier).
1990 : Immigration Act of 1990 = l'ensemble des entrées est strictement limitée (entre 600 et 700 000) par rapport aux années précédentes, on a compté entre 1 million et 1,5 million d'immigrants légaux ou d'immigrants régularisés. Cette immigration légale est répartie entre regroupement familial et travailleurs très qualifiés (20% de l'immigration légale). Cette immigration est donc limitée et sélective. Elle a surtout pour origine l'Amérique latine et l'Asie.
N : la fréquence des lois montre l'importance du problème.
- l'immigration Hispanique est surtout mexicaine. Elle se concentre dans un certain nombre d'Etats (Californie, Texas, NY).
- l'immigration asiatique est surtout philippine (viennent ensuite les coréens et les chinois.
B Une population pluriethnique où les minorités s'accroissent rapidement
1° - Les blancs :
200 millions de Blancs, descendants d'immigrants européens ou WASP. Mais en affaiblissement dans certains états ou certaines villes face à la poussée hispanique (les blancs sont minoritaires en Californie depuis 2000).
2° - Les noirs :
30 millions de Noirs, plus de 12% de la pop. Ne recevait plus d'apport extérieur depuis début XIXe s, mais est aujourd'hui renforcée par l'immigration en provenance des Caraïbes. Son taux de croissance est le double de celui de la population blanche. TN = 22 pour mille. Pop jeune (âge médian : 28 ans, contre 34 ans pour les blancs. C'est une population urbaine à 85% (contre 70% pour les blancs). La minorité noire devrait donc représenter plus de 14% de la pop en 2010. Cette croissance pose pb car c'est une population pauvre...
3° - Les hispaniques :
22,5 millions d'Hispaniques. C'est la partie de la pop qui croît le plus vite, après les Asiatiques, du fait de la forte natalité et de l'immigration (53% de croissance dans les 10 dernières années). 60% sont des Mexicains. Les autres sont des Porto-Ricains, des Cubains. Les immigrants en provenance d'Amérique centrale et des Caraïbes (Nicaragua, Salvador, République dominicaine...) augmentent et représente 23% des Hispanophones. Les communautés sont concentrées dans certaines grandes villes (Mexicains à LA, Chicago ; Cubains à Miami ; Porto-R à NY) et états. C'est une population jeune (26 ans d'âge médian), fortement masculine.
4° - Les asiatiques :
7,5 millions d'Asiatiques, mais c'est le groupe qui croît le plus rapidement, essentiellement par l'immigration. Ils seront 10 millions en l'an 2000. C'est en fait une mosaïque de minorités très différentes : la fécondité des Chinois et des Japonais est bien inférieure à celle des Coréens, des Philippins, des Indochinois. L'idée de "minorité modèle", exacte pour certains groupes, est à nuancer. En revanche, il existe des caractéristiques communes : la localisation dans des Chinatowns reste la règle, surtout en Californie.
5° - Les amérindiens :
moins de 2 millions d'Indiens, soit 0,80% de la population. Ce sont des ruraux, vivant dans des réserves ou dans les villes proches des réserves. Leur situation économique et sanitaire est catastrophique.
Les 2/3 de la croissance démographique dus aux minorités.
C Le vieillissement de la population
- il faut d'abord rappeler que la pop américaine est plus jeune que celle des pays développés. La natalité y est traditionnellement plus forte. Cependant, les Etats-Unis vont connaître le même vieillissement que les autres PDEM si leur natalité et leur mortalité continuent de stagner. La situation est d'ailleurs comparable : baby boom après la guerre, puis baisse de la fécondité à partir du début des années 60 : généralisation du travail féminin, urbanisation, prolongement de la scolarité, contraception et avortement, recul du mariage et augmentation des divorces (un couple sur deux divorce aujourd'hui), crainte du chômage...
- l'accroissement naturel n'est plus que de O,8% par an.
- fléchissement de la natalité (17%) et de la fécondité (2,1 enfants par femme : le renouvellement de la population est juste assuré)
- la mortalité est stable (9%)
La population vieillit (allongement de l'espérance de vie) : 13% de plus de 65 ans, l'âge médian est passé en 20 ans de 28 ans à 33 ans (1990) ; opposition des Etats "jeunes" de l'Ouest et des Etats "vieux" du Nord-Est et de la Floride. N : "grey power"...
Enfin, il est évident que ce vieillissement affecte bien plus les WASP que les minorités ethniques.
II Répartition et mobilité
A L'espace est inégalement occupé
La densité moyenne est de 26,6 h/km2 /
Les grandes oppositions régionales :
- opposition entre l'Est et l'Ouest : densité inférieure à 10 à l'Ouest du 100e méridien : seuls la Californie et l'Etat de Washington ont une densité supérieure à la moyenne à l'Ouest du Mississippi / la façade atlantique est densément peuplée (explications : colonisation, transports, industries - "manufacturing belt");
- opposition intérieur / façades maritimes (côtes Est et Ouest, et région des Grands Lacs).
B Une population urbaine
- les 3/4 des Américains vivent dans les villes. 36 villes dépassent le million d'habitants ; 4 agglomérations dépassent les 15 millions d'habitants (NY = 18 millions).
- la structure de la ville : le noyau urbain ("dowtown") n'est pas très important (il est centré sur le CBD), et les habitants habitent de plus en plus dans les banlieues (60% des Américains vivent dans les "suburbs"). Le développement des banlieues est énorme depuis la 2e GM, et va de paire avec la mise en place d'un réseau autoroutier urbain. Ces banlieues sont constituées de maisons individuelles (cf : mythe de "l'Amérique rurale"). A l'inverse, les quartiers centraux sont délaissés, en particulier par la population blanche (= ghettos). Cependant, des opérations de rénovation = "gentrification" de certains quartiers centraux, en particulier dans les villes du NE, par ex à Chicago (le "loop") ou à Boston.
Aujourd'hui, les villes rongent 16% du territoire américain.
- le réseau urbain est contrasté : plus dense à l'Est (ex : la Mégalopolis, qui regroupe près de 50 millions d'habitants).
A l'Ouest, il est concentré le long de la façade Pacifique.
Cependant, évolution : faible croissance des métropoles du NE; explosion de celles du Sun Belt.
C D'importantes migrations internes
- les Etasuniens sont très mobiles : en général, ils sont peu attachés au lieu où ils habitent (la "frontière") ; ex : le "mobile home". Un Américain sur 10 déménage chaque année (1 sur 5 dans les années 70 = tendance à l'enracinement ?).
Les Etats de la Sun Belt ont absorbé 90% de la croissance démographique des 10 dernières années. / certains Etats du Nord Est ont perdu de la population.
= la Californie est aujourd'hui l'Etat le plus peuplé de l'Union, avec plus de 30 millions d'habitants.
- explications : crise industrielle du NE, paysage urbain répulsif ("rust Belt"), attirance pour le soleil, exploitation des hydrocarbures (Texas, Golfe du Mexique, aménagement du système autoroutier, affirmation de l'aire Pacifique, proximité de l'immigration hispanique et asiatique.
III D'énormes contrastes sociaux
A La population active
- grande mobilité professionnelle au cours des dernières années : le secteur primaire ne représente plus que 3% de la population active (N : pop act = 125 millions de personnes), le secteur secondaire 25%. Le secteur tertiaire = 70%. On dit que la population s'est tertiarisée. Les "cols blancs" occupent deux emplois sur 3.
- ces actifs du tertiaire sont très divers : du plus hautement qualifié au pas qualifié du tout : professions, cadres... / employés de fast-foods, domestiques...
- augmentation du travail des femmes (45% des actifs).
- augmentation massive de l'emploi précaire.
- plus de 10 millions de chômeurs.
B Une société inégalitaire
La crise économique a accentué les différences entre les groupes sociaux, les régions, les ethnies, les sexes.
Conséquence : 20% des familles les plus aisées se partagent plus de 40% du revenu / les 20% les plus pauvres = moins de 6%.
15% de la population est en dessous du seuil de pauvreté : chômeurs, personnes âgées sans retraite suffisante, minorités ethniques (36% des Noirs et 27% des Hispaniques sont des pauvres).
Existence de poches de pauvreté : certains Etats du Sud, comme la Louisiane et le Mississippi, régions charbonnières en déclin, villes du sud à forte concentration d'immigrants.
ex : la mortalité infantile atteint les 60 pour mille dans les quartiers noirs de Baltimore, ex : 20% des enfants américains ne sont pas bien soignés (protection sociale insuffisante), ex : 3 millions de sans-abris
C Du
melting pot au salad bowlOn parlait au XIXème siècle du rêve d'une société composite, où le mélange ethnique se réaliserait d'une manière idéale, à une époque où les apports extérieurs (en provenance d'Europe en très grande majorité) pouvaient se fondre facilement dans le moule des premiers conquérants de l'Amérique du Nord.
De nos jours, on définie par l'expression de "salad bowl" la non-intégration entre eux des groupes ethniques aux Etats-Unis. Il semble que le rêve de l'intégration ne touche plus que quelques pays européens encore marqués par les idéaux socialistes du siècle dernier. Aujourd'hui, même si les communautés ne font que se juxtaposer les unes aux autres, elles trouvent dans la souplesse du modèle états-unien des valeurs communes : le dollar, la propriété privée, la réussite individuelle, la libre entreprise, la libre expression (il n'y pas de langue officielle aux Etats-Unis). En cela le modèle états-unien attire encore des populations étrangères.
Il est cependant important de remarquer les faits suivants :
- les villes dont les maires sont des noirs sont majoritairement peuplées de noirs : 76% à Detroit, 67% à Washington...
- les emplois des noirs sont les plus mal rémunérés ; leur niveau d'instruction reste inférieur à celui des blancs
- les ghettos (ex : émeutes de LA en mai 1992 : 69 morts).
- pas d'intégration des Hispaniques (revendiquent des écoles, des magasins... ex : le "spanglish") ; c'est une population pauvre ; son niveau d'instruction est très faible (35% ne dépassent pas l'école primaire) : différences : les Mexicains sont pauvres, les Porto-Ricains très pauvres / les Cubains et Centre-Américains sont plus riches...
- la minorité asiatique reste très groupée sur elle-même et le commerce avec les "mères patries".
- quand aux Indiens, leur situation sanitaire et sociale est catastrophique...
= confrontations entre les minorités // hostilité croissante envers l'immigration.
Conclusion
La croissance démographique modérée, mais supérieure aux autres PDEM = c'est une chance pour les E-U. Cependant, la crise de la ville renforce les inégalités sociales et entre les régions...