Les grandes divisions
du monde
L’humanité est plurielle et les divisions du monde sont multiples. Mais la circulation de plus en plus rapide des hommes, des produits et des informations rétrécit l’espace mondial et le recompose. Le monde s’oriente-t-il vers une uniformisation culturelle et politique ? Le monde reste une mosaïque de peuples et d’États, mais ceux-ci ne peuvent plus se retrancher derrière des frontières hermétiques et procèdent à des regroupements, par ailleurs la mondialisation croissante produits de nouvelles différences.
I La mosaïque mondiale
Introduction
Le monde se caractérise par une grande diversité culturelle et religieuse. Il se découpe également en 225 États souverains et territoires non dépendants.
A Les grandes aires de civilisation
1° Définition :
2° Les grandes aires de civilisations :
a - L’aire extrême-orientale (civilisations chinoise, bouddhiste, japonaise) et l’aire indienne
regroupent la moitié de l’humanité. La civilisation chinoise est née dans les plaines fluviales du Nord et s’est répandue au Sud jusqu’au Vietnam et à l’Est en Corée et au Japon. Sa cohésion repose sur son système agraire, son écriture et sa mentalité fortement imprégnée par le confucianisme (les intérêts collectifs prévalent sur ceux de l’individu). L’aire indienne, de religion hindoue, ne s’est guère étendue au delà du cadre du sous-continent indien.
b - L’aire occidentale (Europe de l’ouest, Amérique du Nord, Australie)
a son berceau en Méditerranée. Elle a hérité des apports helléniques et romains (philosophie, droit écrit) et a été cimentée par le christianisme. Les échanges commerciaux et la colonisation ont intégré dans sa sphère l’Amérique du nord et l’Australie.
c - L’aire islamique (Afrique du Nord et saharienne, Proche et Moyen Orient)
résulte de l’expansion de l’Islam à partir de son foyer arabe. Elle constitue une civilisation très composite dont l’ unité repose sur l’observance des " cinq piliers " de l’Islam et sur une écriture commune.
d - L’aire latino-américaine (Amérique latine)
est constituée d’apports européens (Espagne, Portugal) qui se sont mélangés aux civilisations précolombiennes. Cela explique la survivance de traditions indiennes, notamment dans la cordillère des Andes.
e - L’aire slave et orthodoxe (Europe centrale et orientale, Balkans, Russie)
repose sur une langue et une culture slaves. Au XX ème siècle, le développement de l’idéologie communiste y a constitué un nouveau ferment d’unité.
f - L’aire africaine (Afrique subsaharienne, Madagascar)
est formée d’une multitude d’ethnies, de langues et de structures sociales. La colonisation européenne en a fait un ensemble dominé mais elle s’est plutôt juxtaposée aux cultures indigènes et n’a pas fait disparaître leurs particularités (oralité, par exemple).
B Les grandes religions du monde, ferments essentiels des civilisations
1° Le christianisme
C'est la religion la plus représentée (1,9 milliard de Chrétiens). Il est né en Palestine et s’est diffusé en Europe et dans le monde avec les missions chrétiennes et la colonisation. Le monde chrétien se divise en trois branches : catholiques, protestants et orthodoxes. l’Église catholique compte environ 1 millirad d’adeptes. Elle se veut universelle par les valeurs qu’elle propose. Elle dispose d’un État (le Vatican) et d’une représentation diplomatique. Les églises protestantes, formées à partir du XVI ème siècle, sont organisées en ensembles transnationaux (Commission anglicane, Baptistes, fédération luthérienne...). Le protestantisme est le ciment d’ensembles régionaux dotés d’une cohésion culturelle et religieuse : monde germanique, îles britanniques, Amérique du Nord... L’orthodoxie ("conforme au dogme") est issue du Grand Schisme de 1054. Elle conserve une forte assise slave et balkanique. Le judaïsme, dont le berceau est Jérusalem, est pratiqué dans le monde entier par la diaspora juive (13 millions de personnes). Malgré sa dispersion géographique, cette religion conserve une grande homogénéité par la pratique religieuse et par son unité socio-culturelle. La création de l’Etat d’Israël, en 1947, est un facteur supplémentaire de cohésion. Pour les Juifs comme pour les Chrétiens, la Bible est le livre sacré.
2° L'Islam
L’Islam rassemble environ 1 milliard de musulmans arabes ou non. Les pays musulmans les plus peuplés sont aujourd’hui l’Indonésie (165 millions de croyants) et le Bangladesh. S’appuyant sur le Coran, l’Islam est non seulement une doctrine religieuse mais aussi une morale et un ensemble de normes fixant les cadres de la vie quotidienne et les règles de la vie sociale. Dés le VII ème siècle, l’Islam s’est divisé entre les Sunnites (90% des musulmans) et les Chiites surtout présents en Iran. Soutenue par une forte croissance démographique, l’expansion de l’Islam est importante en Afrique, en Inde et en Europe. Elle s’accompagne parfois de mouvements intégristes (Frères musulmans). Les grands pélerinages vers La Mecque ou Jérusalem mettent en relation des populations venues du monde entier.
3° L’Hindouisme
L'Hiodouisme est polythéiste. C’est la religion majoritaire en Inde. On le retrouve néammoins dans d’autres parties du monde où il est pratiqué par la diaspora indienne (Grande-Bretagne). Le Bouddhisme est apparu en Inde au Vème siècle avant J.C. sous la forme d’une philosophie et s’est diffusé dans toute l’Asie. Il est divisé en plusieurs sectes (Lamaïsme au Tibet, Grand Véhicule en Chine...). Il connait actuellement un certain succès en Occident.
L’animisme, le chamanisme ou le taoïsme sont des croyances traditionnelles fortement représentées en Afrique et en Asie orientale. Elles sont souvent l’objet d’une double confession (animiste et catholique en Afrique, shnintoïste et bouddhiste au Japon...).
C États et systèmes politiques
1° Définition d'un Etat :
L’existence d’un État se fonde sur trois éléments essentiels : un territoire délimité précisément par des frontières, une population, un gouvernement et une administration exerçant une autorité. Un État est souverain lorsqu’il est indépendant et reconnu par les autres États. La souveraineté d’un Etat est symbolisée par un drapeau et un hymne national. Cette souveraineté s’étend également sur les espaces maritimes (mers intérieures, eaux territoriales juqu’à 12 milles marins...). La zone économique exclusive est l’espace maritime sur lequel l’Etat riverain peut se réserver l’exploitation des ressources.
2° Les formes d'organisation de l'Etat :
Il y a principalement deux formes d’organisation de l’État. L’État centralisé dans lequel le pouvoir est concentré est le plus courant (ex : la France). La fédération est basée sur un partage des domaines de compétences entre un gouvernement fédéral et des États fédérés. Ces derniers participent à l’élaboration des lois tout en disposant d’une large autonomie dans certains domaines comme l’éducation ou la police. L’armée, la diplomatie et la monnaie restent du ressort du gouvernement central. Cette forme d’organisation a été choisie par les Etats-Unis, l’Allemagne et la Suisse entre autres.
3° Un émiettement croissant du monde :
Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le nombre d’Etats a été multiplié par quatre. Cela s’explique par l’éclatement des empires coloniaux européens en Afrique et en Asie, et par la dislocation du bloc soviétique en 1991. On compte aujourd’hui 200 États souverains et 25 territoires sous tutelle (Groënland, Bahamas...). Cet émiettement conduit à une grande diversité de tailles du micro-Etat (le Vatican représente 0,44 km²) à l’Etat-continent (le plus grand est la Russie avec 17 millions de km²) et de régimes politiques (monarchie, république, État confessionnel, dictature...).
II- La souveraineté des états mise en question
Introduction :
Les États semblent de plus en plus soumis à des logiques transnationales. Leur affirmation dans le nouvel ordre mondial passe par des coopérations politiques et économiques.
A Ordre et désordre mondial
Depuis la fin de la Guerre Froide, le monde ne se résume plus à un bloc américain opposé à un bloc soviétique.
La bipolarisation du monde a pris fin mais de nouveaux clivages apparaissent.
B Le développement de la coopération politique internationale
Après la deuxième guerre mondiale, on assiste à la naissance d’organisations agissant sur le plan international.
Les organisations internationales tentent de promouvoir le développement durable.
C Les associations régionales
Les associations d’États, économiques, politiques ou culturelles, se multiplient.
Les associations d’États visent à constituer des ensembles socio-économiques, géographiques ou institutionnels cohérents. Les frontières deviennent parfois relatives mais les États ne sont pas appelés à disparaître. Ils restent des acteurs majeurs des relations internationales.
III- Quel espace monde ?
Le monde est un espace de transaction et de diffusion. La mondialisation devient alors synonyme d’uniformisation et se heurte à des obstacles.
A Une internationalisation économique croissante
Le développement des échanges entre les pays entraîne la mondialisation de l’économie.
Le monde apparaît comme un espace animé par des flux de toutes sortes entre des lieux interdépendants.
B Une mondialisation de la culture
La circulation des personnes et des informations favorise la diffusion de valeurs et de comportements qui se veulent universels.
Le modèle culturel dominant émane de l’Occident dont les valeurs ont une influence mondiale.
C Le mythe du "village planétaire"
Malgré l’intensification des échanges de toutes natures, la mondialisation reste imparfaite.
La mondialisation se trouve confrontée à diverses formes de résistances.
La mondialisation est le résultat de l’ouverture des économies et de l’extension d’un modèle de civilisation dominant. Elle concerne les espaces les plus intégrés.
Le monde s’organise en États, en aires, en associations de coopération. Il est parcouru par des réseaux et des flux qui traduisent l’interdépendance des territoires. Les frontières sont perméables, les économies s’interpénètrent, les États doivent accepter de perdre une partie de leur souveraineté. Cette ouverture de l’espace mondial suscite des réactions de repli culturel et le refus de l’uniformisation.