Devoirs - Commentaire d'un document

 

La Seconde Guerre Mondiale

L'appel du général de Gaulle, le 18 juin 1940 à la BBC
La politique d'extermination des juifs d'Europe
Discours prononcé àl'Hôtel de Ville de Paris le 25 août 1944
La Charte de l'Atlantique

Le monde de 1945 à nos jours

Affiche du Parti communist français - 1951
La crise des fusées : discours de Kennedy, 22 octobre 1962

Décolonisation

Le discours de Brazzaville - C. de Gaulle - 30/01/44


L'appel du général de Gaulle, le 18 juin 1940 à la BBC

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1. Présentez l'auteur de ce texte et les circonstances historiques à la date du texte.
* Tous les renseignements que vous souhaitez sur de Gaulle à cette adresse : http://www.charles-de-gaulle.org/ ... et en plus c'est très bien fait ! Il fallait retracer les grandes lignes de sa vie, et bien entendu focaliser cette biographie sur la période de la guerre, en expliquant ce qui l'amenait à se trouver en Angleterre.
* Bien insister sur la nature de ce "texte" : c'est un discours radiophonique. Par ce moyen de nombreuses personnes peuvent être touchées à une échelle géographique étendue.
* La date était particulièrement importante : au lendemain du discours (radiophonique lui aussi, et là on pouvait noter le début de la guerre des ondes, symbole de l'affrontement des propagandes développé durant le conflit) de Pétain annonçant sa décision de signer l'armistice avec les allemands.

2. Quelle analyse de la situation est faite par l'auteur ? En quoi s'oppose-t-elle à celle du gouvernement légal de la France ?
* La défaite de la France est une réalité temporaire. Elle est la conséquence d'erreurs stratégiques et tactiques des responsables militaires de la France en 1940 (échec de la politique de défense basée sur la Ligne Maginot, contre la guerre éclair allemande). Là, comme il le dit lui-même, Charles de Gaulle parle en connaissance de cause (expliquer pourquoi : ses écrits sur l'utilisation combinée des armes blindées et aériennes, ses deux victoires contre Gudérian durant la campagne de France).
* Cependant, ces erreurs ne doivent pas faire oublier que la lutte peut se poursuivre depuis les territoires coloniaux (à définir et évaluer le potentiel restant) et se reposer sur le potentiel du Royaume-Uni et des Etats-Unis.
* Cette politique est donc à l'opposé de celle pratiquée par Vichy qui considère que la France a assez souffert, et qu'il faut limiter les dégâts engendrés par l'occupation allemande en essayant de l'organiser "au mieux" (politique de collaboration).

3. A qui s'adresse cet appel ? Sera-t-il entendu ?
* Cet appel s'adresse à tous les français qui veulent poursuivre la lutte,
* et particulièrement à tous ceux qui sont spécialistes du monde de la guerre. Expliquer pourquoi.
* Cependant cet appel ne sera que très peu entendu lors de sa première émission. Par la suite, les appels sont répétés et participent à la diffusion de l'esprit de la Résistance.

4. Quel est l'intérêt historique de ce texte ?
* Il est le symbole de la lutte contre la défaite, symbole de la Résistance.
* Il est le commencement d'un mouvement qui fera passer la France de la situation de pays battu et collaborateur à une nation victorieuse.
* L'auteur débute avec ce discours une carrière de grand homme d'Etat qui marqua (et continue de marquer) la mémoire hexagonale.


La politique d'extermination des juifs d'Europe

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(proposition de correction reprenant en partie les réponses de Nadia Albertini, Mexique, LFM, Tes2, 2002-2003)

1. Présenter le document (nature, spécificité, destinataires).
Ce document est un discours de Himmler qui fut prononcé le 6 octobre 1943. Il était destiné aux responsables politiques et administratifs du parti nazi. Ce texte a donc une forte connotation idéologique. L'auteur aborde la politique d'extermination des juifs. Ce type d'information, fournie à quelques uns par Himmler, est confidentielle. On peut s'interroger sur les raisons d'une telle discrétion : ne pas effrayer ? Ne pas donner des armes de propagande aux adversaires du Reich ? Ne pas laisser de traces du génocide ? Sûrement, toutes ces raisons à la fois. Il semble toutefois que le régime soit tout à fait conscient de la mesure de ses crimes.

2. Qui est l'auteur et dans quel contexte s'effectue sa rédaction ?
Heinrich Himmler était à la tête des S.S., de la police politique allemande (la Gestapo), et des polices en général. Il est de ce fait l'un des plus dignitaires du régime, étant le responsable de cet Etat dans l'Etat que constituait l'ordre noir des S.S. Himmler est aussi le responsable de la solution finale à la question juive, c'est à dire l'extermination de tous les juifs d'Europe. En octobre 1943, les forces de l'Axe semblent affaiblies, et les victoires des Alliés se multiplient. Le front de l'Est est notamment un désastre pour l'armée allemande qui sombre face à l'inexorable poussée du rouleau compresseur soviétique. Dans leur fuite en avant, les dirigeants du régime décident d'accélérer le procesus d'extermination des juifs, déjà rendu officiel par la conférence de Wansee en janvier 42. Les camps d'extermination sont alors utilisés au maximum de leurs terribles possibilités.

3. Quel objectif fixe-t-il à ses auditeurs ?
Himmler explique aux responsables du Parti Nazi que la question juive est très importante pour le sort du Reich, voir prioritaire. Ils doivent être tous exterminés car ils représentent "une peste" qui pourrait affecter le régime nazi. Bouc émissaire des problèmes de la société allemande, la communauté juive doit donc disparaître complètement : il s'agit clairement d'un génocide, l'élimination d'un groupe humain.

4. Quel sort réserve-t-il aux femmes et aux enfants ? Pourquoi ?
Il s'agit de détruire pour toujours tout un groupe humain. Cela entraîne comme terrible conséquence l'élimination non seulement des hommes, mais aussi de ceux qui sont porteurs de la perpétuation de ce groupe : les femmes, les enfants. D'après Himmler, ne pas le faire ne ferait que reporter les problèmes, voir les amplifier en raison de la vengeance attendue des descendants des morts des criminels nazis. Ce crime froid et prémédité sur tout un peuple est nouveau et est condamné après la guerre pour génocide (acte criminel prémédité commis dans le but de détruire méthodiquement un groupe national, ethnique, racial ou religieux) et crime contre l'Humanité.
Force est de constater que l'importance de ces crimes et leur condamnation unanime n'a pas empêché qu'ils se renouvellent : si l'on peut se permettre des parallèles avec le temps présent, il est à noter que le génocide de 1 million de Tutsi par les Hutu au Rwanda en 1994, a suivi la même logique : massacrer hommes, femmes et enfants, pour terminer un génocide qui avait avorté en 1959 et 1972 faute de ne pas avoir été assez systématique... Ce génocide est lui aussi entendu par un tribunal pénal international, le TPI Rwanda. Participera-t-il a mettre définitivement ces crimes hors la loi ? Ou comme l'a montré le Kosovo, peuvent-ils encore se répéter ?


Discours prononcé àl'Hôtel de Ville de Paris le 25 août 1944

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1. Présentez le document (nature, spécificité, destinataires)
Il s'agit d'un discours que l'on pourrait qualifier de lutte, de combat, enflammé, un véritable appel au combat mais aussi un grand cris de victoire et de libération. Il s'adresse à tous les Français, mais bien entendu aussi aux Parisiens, dont la ville est glorifiée.

2. Qui est l'auteur et dans quel contexte s'effectue sa rédaction ?
L'auteur est Charles de Gaulle, chef de la Résistance et responsable provisoire de la République Française au travers du GPRF. Il proclame ce discours alors que Paris est juste libérée et que la reconquête du territoire national est loin d'être terminée (voir question 4). Ce discours est aussi le triomphe du pouvoir du GPRF sur le CNR rassemblant les chefs de la Résistance intérieure. En effet dès son arrivée à Paris, le général va affirmer la primauté de l'Etat sur les mouvements de résistance par une série de gestes symboliques non dépourvus de rudesse et dont certains vont heurter les résistants. Ainsi, alors que les chefs de la Résistance intérieure l'attendent à l'Hôtel de Ville, haut lieu des révolutions parisiennes, de Gaulle se rend d'abord au ministère de la Guerre : "L'Etat rentrait chez lui" commente-t-il dans ses Mémoires ; de même il refuse au CNR de proclamer depuis le balcon de cet Hôtel de Ville où il fait le discours que nous étudions la République, considérant que, représentée par la France Libre, puis par la France Combattante, elle n'avait jamais finie d'exister.

3. Expliquer le 3ème paragraphe ("Paris !" [...] "France éternelle").
Il fallait souligner la force de ce paragraphe qui est le point fort de ce discours. Il glorifie la capitale française pour plusieurs raisons :
- les parisiens se sont soulevés contre les occupants.
- libérer Paris, c'est l'image de la Libération de la France entière.
- c'est une Libération qui symbolise la victoire de la France indépendante, souverraine et sûre de ses droits : c'est la victoire de la République, battie siècles après siècles à Paris, contre la dictature (de Vichy) et le totalitarisme (des nazis).
De Gaulle était tout à fait conscient que la France ne serait jamais libérée d'elle-même sans un appui massif extérieur. Si Paris a pu se soulever, c'est parcque les troupes du Royaume-Uni et des Etats-Unis avaient débarqué en Normandie et que face à cette menace éminente, Paris n'était plus un objectif essentiel à défendre pour les allemands.

4. Relever puis expliquer les références au déroulement de la guerre dans l'avant-dernier paragraphe ("Je dis d'abord de ses devoirs" [...] "dignes de la France").
"l'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu" :
les troupes allemandes étaient encore présentes en France au moment où est prononcé ce discours. En novembre 1944 les Allemands contrôlent encore des poches sur l'Atlantique, à Dunkerque et, en Alsace, Colmar. La France n'est entièrement libérée qu'au début de l'année 45.
"le concours de nos chers et admirables alliés" :
les britanniques et les étatsuniens. Se sont eux qui ont réellement accomplis la libération de la France, même si l'action de la Résistance a été déterminante [en Bretagne par exemple fin juillet et début août 44 les résistants libèrent la plupart des villes avant l'arrivée des Alliés, permettant à ceux-ci d'y pénétrer sans combattre et de poursuivre l'ennemi, puis anéantissant les poches de résistance, dépasées par la rapide progression des blindés américains].
"entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueur" :
la France participa à l'invasion de l'Allemagne, s'emparant même d'une manière très symbolique de Berchtesgaden, le "nid d'aigle", c'est à dire la résidence de Adolf Hitler. Par la suite, la France obtint des zones de contrôle en Allemagne, en Autriche, à Berlin et à Vienne.
"avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon" :
Paris se soulève dans la semaine du 19 au 25 août 1944. Dans une ville hérissée de barricades et tenue par les insurgés, la garnison allemande, enfermée dans ses casernes, renonce pratiquement à combattre. Inquiet à l'idée d'une possible réaction allemande qui pourrait déboucher sur un massacre ou une destruction partielle de la ville, de Gaulle obtient des Etats-Unis, avec beaucoup de difficultés, l'envoi sur Paris de la 2è division blindée du général Leclerc, qui pénétre dans la capitale le 25 août (les combats sont brefs). Le soir même, le général Von Choltitz signe à la gare Montparnasse la reddition de ses troupes devant le général Leclerc et le colonel Rol-Tanguy, chef des FFI parisiens.
C'est en ce jour que se place le discours que nous étudions. Le lendemain, de Gaulle descend les Champs Elysées au milieu d'une foule en liesse (comme un jour de victoire à la Coupe du Monde ! ;-) )
"grande armée française d'Italie a débarqué dans le midi et remonte rapidement la vallée du Rhône"
:
le 15 août, le général Eisenhower organise le débarquement sur les côtes de Provence, accompagnées de la 1ère Armée Française du général de Lattre de Tassigny. Les troupes allemandes sont vaincues puis refoulées : elles quittent le Sud-Ouest et le Centre de peur d'être pris en tenaille entre les divisions en provenance du débarquement en Normandie et celles de Provence qui remontaient le Rhône. Le 12 septembre les deux branches de la tenaille se rejoignent près de Dijon. Les troupes françaises, américaines, et anglaises refoulent ensuite les allemands vers le Nord et l'Est. De Gaulle profite du fait que cette armée qui a débarquée à Saint Tropez et Cavalaire compte des contingents qui se sont battus en Italie pour faire un parralèle hardi avec la fameuse armée d'Italie de Napoléon Bonaparte, et donc aux plus glorieuses pages de l'histoire de l'armée française.
"nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes"
:
dans le cadre de la restauration des pouvoirs de l'Etat est décidé d'inclure dans l'armée française régulière (et donc équipée d'armes modernes, ainsi que de matériels adaptés à une lutte coordonnée de grande envergure) les FFI et les FTP. Cela permettait deux choses : gonfler les effectifs de l'armée, désarmer les milices résistantes (et surtout les FTP dont on sait aujourd'hui qu'ils préparaient un coup d'état communiste mais qui ne put se dérouler en raison du refus de Moscou, trop occupé avec l'Europe de l'Est et n'ayant pas beaucoup d'espoir dans un tel projet se déroulant dans une zone où les troupes étatsuniennes étaient présentes). Les groupes de Résistance n'avaient donc plus aucune raison d'être, dès lors que l'autorité de l'Etat était restaurée et présidait à la défense de la France.


Affiche du Parti communist français - 1951

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(correction réalisée à partir de la proposition de Plascencia Acosta, TES1, LFM, 2003)

1. Présentez le document
Le document présenté est une affiche du Parti communiste français datée de 1951. Il nous montre l'appuie inconditionnel de l'URSS par les partis communistes qui sont contrôlés par le kominform créé en 1948 et dont le dirigeant est l'URSS. Cette affiche est donc une contestation du modèle états-unien dans les années 50, et, dans le contexte de la Guerre Froide, est une propagande idéologique pour le modèle soviétique. Le PCF est à cette époque l'une des plus grandes forces politique de France.

2. Quelle vision cette affiche donne-t-elle du monde au début des années 50 ?
L'affiche nous montre qu'au début des années 50 le monde est divisé en 2. D'un côté, le bloc occidental dirigé par les Etats-Unis et de l'autre côté le bloc communiste dominé par l'URSS. L'objectif de cette affiche est de nous montrer les intensions états-uniennes de dominer le monde, et dénonce donc l'impérialisme américain. Cette affiche cherche aussi à condamner la doctrine Truman qui affirme que la sécurité du territoire est liée à la paix mondiale, et qu'il faut par conséquent que les Etats-Unis interviennent pour assurer celle-ci.

3. Quels évènements ont pu justifier ou, au contraire, contredire, cette vision ?
Cette vision est appuyée par différents événements qui ont eu lieu de 1946 à 1949.
Le 5 mars 46, Churchill fait un discours dans une Université américaine (le discours de Fulton) dans lequel il décrit la fracture idéologique qui déchire l'Europe, le fameux "rideau de fer".
L'année d'après, le 12 mars 47, Truman demande au congrès américain de voter des lois pour intervenir en Grèce et abattre le communisme qui menace la paix mondiale. Avec ce discours est instauré ce que l'on appelle la doctrine Truman, une politique interventionniste. Pour soutenir cette politique en avril 1949, l'OTAN est créée. Les membres de cette organisation autorisait les Etats-Unis d'avoir des bases militaires afin d'assurer leur paix. La création de l'OTAN lance le mouvement de la pactomanie par lequel les Etats-Unis vont signer des pactes militaires défensifs avec toutes les régions du monde exposées à d'éventuelles attaques communistes.
On peut aussi faire allusion aux autres évènements qui contrarient cette vision. Par exemple, en 1948, lorsque Staline lança un blocus interdisant l'entrée et la sortie de Berlin. On peut aussi parler du coup de Prague lorsque un gouvernement communiste est instauré en 1949. Finalement la Guerre de Corée qui a commencé en 1950 par l'invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord, la première sous tutelle occidentale, l'autre sous influence communiste.

4. Dans quelle mesure cette affiche est-elle représentative de la guerre froide ?
Cette affiche est représentative de la guerre froide dans la mesure où elle nous montre l'application de la doctrine Jdanov. Selon cette doctrine le monde est divisé en 2 : le monde impérialiste et le monde anti-impérialiste. Pour abattre le monde impérialiste il faut que le communisme devienne universel. Selon un écrivain de la Guerre Froide, la "guerre est improbable mais la paix impossible", et cette affiche nous montre qu'en 1951 la paix n'est pas possible à cause de l'affrontement entre Etats-uniens et Soviétiques.


Le discours de Brazzaville - C. de Gaulle - 30/01/44

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(voyez l'intégralité du discours ici : http://gaullisme.free.fr/DGBrazzaville.htm)

1. Présentez le document
* Discours inaugural de la conférence de Brazzaville, certainement rédigé par J. Soustelle pour CDG.
* L'auteur s'adresse aux responsables des colonies (gouverneurs).
* Charles de Gaulle, son action dans la Guerre, tant au niveau militaire que civil.
* Le contexte de la guerre : la France n'est pas encore libérée, la conférence se situe donc en territoire contrôlé par la Résistance.

2. Quelles sont les raisons qui poussent, selon l'auteur, la France à réunir une conférence à Brazzaville ? Pour quels objectifs ?
* L'Afrique est l'un des théâtres d'opération de la guerre. De ce continent doit repartir la reconquête du territoire métropolitain. Il est donc impossible de continuer à ignorer la condition des colonies.
* La guerre, par son inhumanité, a rendu impossible le maintien d'un système réprimant les libertés des peuples.
* Les colonies ont des rapports croissants entre elles et les colonies de pays européens. Il faut donc réformer les infrastructures de transport et de communication pour rendre plus accessible les ressources du continent. C'est en soit une réaction anti-autarcique, libérale.

3. Quelle évolution dans le statut des colonies françaises est-elle possible selon l'auteur ?
* Il s'agit d'établir un nouveau type de souveraineté dans les colonies.
* Les Africains doivent peu à peu participer à la gestion de leurs propres affaires.
* CDG n'évoque en aucune manière l'indépendance des territoires coloniaux, mais leur intégration "à la carte" dans la communauté française, selon leurs besoins et capacités.

4. Dégagez la portée de ce document.
* Il se dégage la volonté de réformer les colonies, de moderniser et rationnaliser leur gestion, de les intégrer dans un système monde qui se dessine à l'horizon d'une paix qu'il faut encore gagner.
* La portée humaniste est tout à fait intéressante à noter, surtout si l'on considère les théories raciales des nazies, acceptées par Vichy. CDG veut montrer ici sa rupture avec le gouvernement légal de la France, tout comme l'ont aussi montré les partis nationalistes africains.
* L'ensemble de ce message (réformes de gestion et prise en compte des communautés africaines) a pu être utilisé par les africains comme une base politique permettant d'imaginer l'accès à l'indépendance.
* La portée visionnaire et progressiste de ce message démontre aussi la dimension politique de CDG qui s'imposa après la guerre comme le chef charismatique d'une France qui perdit ses valeurs morales et républicaines durant les difficiles années d'égarements du régime pétainiste.


La crise des fusées : discours de Kennedy, 22 octobre 1962

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1. Présentez le document
Il s'agit d'un discours télévisé prononcé par le président des Etats-Unis John F. Kennedy. Il informe son peuple et le monde entier des mesures qu'il prend pour contrer le déploiement de missiles nucléaires sur l'ïle de Cuba. Ce discours peu paraître étonnant car JFK ne passe pas ici par les voies traditionnelles diplomatiques pour régler un tel risque de conflit majeur d'échelle internationale.

2. Quels sont les pays opposés dans cette crise ? Pourquoi ?
Les pays opposés sont d'un côté les Etats-Unis et de l'autre Cuba mais surtout l'URSS.
En effet, en 1959, Fidel Castro a chassé le dernier dictateur cubain Batista. En juillet 1960, Che Guevara annonce que Cuba fait partie désormais du camp socialiste. Aussitôt les EUA établissent une blocus de l'île, mais de son côté l'URSS vole au secours de Cuba, lui apportant aide économique, techniciens, matériel et armes pour se défendre. Parallèlement les EUA lancent un programme d'aide économique et d'alliance pour le progrès en direction de l'Amérique latine menacée par le communisme.
En octobre 62, les EUA ont la preuve formelle de la présence de rampes de lancement de missiles à Cuba. Ils ont aussi la preuve que des navires soviétiques font route vers Cuba avec des missiles à bord. L'incident est d'une extrême gravité. Le 22 octobre 1962, Kennedy lance, par la télévision, cet ultimatum à Khrouchtchev, et exige le rapatriement des bateaux et le démontage des rampes de lancement.

3. Que craint-on pendant quelques jours ? D'autres crises précédemment ont-elles fait craindre les mêmes risques ?
On craint pendant quelques jours une guerre nucléaire entre les deux super puissances, ce qui aurait eu lieu si l'URSS ne s'était pas désengagé de l'île. D'autres crises avaient fait craindre les mêmes risques : le blocus de Berlin en 48-49, la guerre de Corée en 50-53. La crise de Cuba a cependant été la plus proche de s'ouvrir sur un conflit entre soviétiques et états-uniens.

4. Quelle a été l'issue du conflit ? Quel changement cette crise a-t-elle apporté aux relations internationales ?
La fermeté de Kennedy pousse les autorités soviétiques à rappeler leurs navires, le 26 octobre 1962, en échange de quoi les EUA s'engagent à ne jamais intervenir à Cuba, mais doit retirer ses missiles de la Turquie et de l'Iran, d'où l'URSS était aussi menacée. Le principe de la dissuasion graduée de Kennedy est couronnée de succès.
Dès 1963, la coexistence pacifique s'installe et pour éviter tout malentendu, les EUA et l'URSS mettent en place entre le Kremlin et la Maison Blanche "le téléphone rouge" (un télex en fait) pour une communication rapide en cas d'alerte.


La Charte de l'Atlantique

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1. Présenter le document (nature, auteur, destinataires) et son contexte (situation militaire au 14 août 1941)
1. nature : un acte solennel ou un pacte, signé entre la Grande -Bretagne et les Etats-Unis
2. auteurs : FD Roosevelt, président des Etats-Unis depuis 1932 ; W. Churchill, premier ministre britannique depuis mai 1940.
3. Destinataires : ce texte est une proclamation destinée à être diffusée dans le monde entier.
4. Contexte : l'Europe occidentale est dominée par l'Allemagne nazie. Seule les Iles britanniques poursuivent la lutte contre l'Allemagne, après l'échec du projet de débarquement allemand en Angleterre. Churchill a montré, à l'occasion de plusieurs discours, la détermination des britanniques à poursuivre le combat contre le Reich. Londres accueille en outre les gouvernements exilés des pays envahis. A l'est, la Wermacht a attaqué l'URSS deux mois plus tôt et progresse rapidement. Au total, les victoires allemandes ont soumis la quasi-totalité de l'Europe occidentale. Les Etats-Unis ne sont pas encore entrés en guerre lorsque Roosevelt signe ce document. L'opinion américaine ne souhaite pas l'entrée en guerre du pays, pas plus que le Congrès (isolationniste). En revanche, le président américain, est convaincu de la nécessité d'aider le Royaume-Uni dans sa lutte contre l'Allemagne. C'est pourquoi il vient de faire voter la loi prêt-bail (avril 1941) permettant de livrer du matériel, des denrées et des armes aux britanniques. D'autre part, le Japon, allié de l'Allemagne, poursuit ses conquêtes dans le Pacifique et menace les intérêts américains.

2. Quels sont les principes et les objectifs définis par ce texte ?
On peut distinguer objectifs et principes :
1. les objectifs :
- la destruction totale de la "tyrannie nazie" (objectif militaire immédiat).
- Rétablissement de la démocratie dans les pays qui en sont dépossédés objectif politique ou idéologique).
- établir une paix durable (objectif du règlement de la paix après la défaite de l'Allemagne) et créer un système assurant la sécurité des nations.
- désarmement des nations susceptibles de menacer la sécurité internationale.
2. Les principes :
- droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
- Etablir le libre-échange et la liberté de circulation des personnes dans le monde.
- Progrès social et économique

Bien entendue, il était possible de présenter par thèmes ces différentes idées.

3. Montrez l'importance des engagements contenus dans ce texte pour la poursuite de la guerre
Roosevelt choisit son camp. Il s'engage par écrit à combattre le totalitarisme et le nazisme pour la défense de la démocratie et des libertés. Le Royaume-Uni sera aidé dans son combat.

4. Dans quelle mesure les principes définis dans ce texte seront-ils appliqués lors du règlement de la paix en 1945.
La plupart de ces principes seront évoqués lors de la conférence de Yalta en 1945. Certains trouveront leur application :
- objectifs militaires (vaincre l'Allemagne nazie) : feront l'objet d'accords plus larges, englobant l'URSS. Les puissances de la Grande Alliance mettront de côté leurs oppositions idéologiques, pour un temps… (conférence de Téhéran). La volonté de désarmer les nations pouvant menacer la sécurité internationale se concrétisera de la façon suivante : désarmement de l'Allemagne et du Japon.
- Rétablissement de la démocratie en Europe : si l'on peut considérer que la dénazification et le jugement des criminels de guerre nazis (procès de Nuremberg) vont dans le sens de ce principe, la réalisation de celui-ci se heurtera néanmoins à la divergence de vue entre l'URSS et les Etats-Unis, qui n'ont pas la même conception de la démocratie. Malgré l'accord de Yalta prévoyant des élections libres dans les pays libérés, ce point fera l'objet d'un désaccord profond entre les deux Grands. De même, le rétablissement du libre-échange, le droit des peuples et la mise en place d'un Welfare State sur le plan mondial semblent incompatibles avec les oppositions idéologiques séparant les Alliés.
- La volonté de mettre en place un système assurant la sécurité internationale se concrétisera en 1945 par la création de l'ONU (Pacte de San Francisco). Le principe et l'organisation de l'ONU seront d'ailleurs définis par les Alliés dans les années qui suivent la signature de la Charte de l'Atlantique, alors même que la guerre se poursuit.